Changements climatiques : 3 arguments à ne plus utiliser

Changements climatiques 3 arguments à ne plus utiliser

Depuis quelques mois, j’ai commencé à donner des conférences sur l’esprit critique dans les écoles secondaires et les CÉGEPs. Et une des choses qui m’inquiète le plus, c’est quand des jeunes me disent qu’ils ne « croient pas » aux changements climatiques.

Mais pire : plusieurs d’entre eux ont même déjà intégré une série d’arguments pour contredire le discours pro-environnement populaire…

jeunes arguments changements climatiques

 

Du côté du grand public, 79% des Canadiens sont d’accord avec le fait que la planète se réchauffe. Mais seulement 61% pensent que ce réchauffement est « en partie ou surtout » causé par l’activité humaine.

Or, tout ça fait pourtant l’objet d’un consensus scientifique très solide. Ça veut dire que nos efforts de communication scientifique ont leurs limites, ou ne sont pas au point.

Et considérant que les changements climatiques sont probablement le plus grand enjeu scientifique auquel l’humanité fait face en ce moment, il faut agir maintenant.

Malheureusement, même quand on veut bien faire et sensibiliser les gens à la crise environnementale, il peut nous arriver d’utiliser des arguments un peu louches… et qui peuvent même nuire à la cause.

En voici trois.

 

avertissements pharmachien

  • Avertissement #1 : Le but de cet article n’est pas de discuter en détails de la science du climat. Après tout, je n’ai aucune expertise dans ce domaine. Ce qui m’intéresse ici, c’est l’aspect de l’argumentation. Si tu veux lire de l’excellente vulgarisation sur les changements climatiques, je te suggère le livre Dire Predictions (basé sur les rapports du GIEC).
  • Avertissement #2 : Je ne prétends pas que les 3 arguments qui suivent sont les seuls qui causent problème. J’ai tout simplement sélectionné ceux qui m’interpellent / m’irritent / m’inquiètent le plus en ce moment.
  • Avertissement #3 : Je ne prétends pas non plus que ma façon d’expliquer la sujet est la « bonne » ou la meilleure.
  • Avertissement #4 : Je ne blâme personne d’avoir utilisé ces arguments; je l’ai fait moi-même par le passé.

 

remerciements pharmachien

Un immense merci à Serge-Étienne Parent, ingénieur écologue, enseignant et chercheur à l’Université Laval, pour avoir vérifié les faits de cet article et suggéré plusieurs améliorations/précisions ! Suivez-le sur Facebook, Twitter et lisez-le sur Medium.

 

 

 

changements climatiques 3 arguments à ne plus utiliser

 

 

 

97% scientifiques changements climatiques activité humaine réchauffement

 

97% scientifiques changements climatiques

 

 

Premièrement, parce qu’il est faux. Ce n’est pas 97% des scientifiques, ou même 97% des articles scientifiques sur le sujet.

Cette affirmation vient d’une publication du chercheur en communication scientifique John Cook qui, dans une revue de littérature, a estimé que 97% des articles scientifiques évalués endossaient l’idée que la Terre se réchauffe et que les activités humaines en étaient la cause principale.

Le bug, c’est que sa notion « d’endosser » n’était pas claire et vraiment super large. Certaines publications incluses ne quantifiaient pas l’impact de l’activité humaine. D’autres ne parlaient même pas d’activité humaine. Plusieurs scientifiques se sont plaints d’avoir été mal cités.

 

Deuxièmement et surtout, tout ça laisse croire au public que c’est la popularité d’une théorie qui décide si elle est bonne ou non. Selon cette idée, il suffit de réunir un paquet de scientifiques et de les amener à être relativement d’accord avec une affirmation pour obtenir un consensus.

 

consensus scientifique

Or, ce n’est pas comme ça que la science fonctionne.

 

 

L’argument du « 97% » se veut bien intentionné, mais vu qu’il est basé sur un raisonnement louche, il existe des tonnes d’articles et de sites web qui le démolissent complètement et facilement, surtout chez les défenseurs des combustibles fossiles (exemple).

Ça peut donner l’impression aux gens que le consensus climatique n’est pas aussi fort qu’on le prétend…

Ça peut aussi donner lieu à des questions sans réponse, du genre :

 

3% scientifiques désaccord changements climatiques climato-sceptiques pétrole

 

Quand on veut connaître la position de la communauté scientifique sur un enjeu, on ne fait pas des sondages.

On ne demande pas non plus l’avis de n’importe quels scientifiques, car la climatologie est un champ de recherche hyper spécialisé.

Ce qu’on fait, c’est regrouper le top des experts mondiaux dans un comité indépendant, afin qu’ils prennent position sur l’ensemble des données.

C’est pour cette raison que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, ou IPCC en anglais) a été créé. Au sein de cet organisme, des climatologues évaluent sans parti pris, de façon méthodique et objective, les recherches sur la science climatique. Les questions posées sont extrêmement précises et les réponses tiennent compte des incertitudes scientifiques. En fait, c’est difficile d’imaginer un groupe plus qualifié pour répondre à ces questions.

 

Les multiples rapports du GIEC sont clairs :

1) oui, la planète se réchauffe;

2) oui, l’activité humaine est un contributeur majeur au réchauffement actuel.

 

changements climatiques opinion croire croyance

 

Autrement dit, le consensus scientifique sur les changements climatiques vient du fait que l’ensemble des données pointent dans la même direction.

Ça ne veut pas dire qu’on a toutes les réponses pour autant. Les éléments qui demeurent sujets à des débats scientifiques sont par exemple :

  • quelle portion exacte du réchauffement est due à l’activité humaine ?
  • à quelles conséquences précises faut-il s’attendre ?
  • quels moyens faut-il mettre en place pour améliorer la situation ?
  • faut-il concentrer nos efforts pour combattre les changements climatiques, ou pour s’y adapter ?
  • etc.

Mais dans tous les cas, la réalité des changements climatiques et le rôle important des humains ne sont pas en doute.

 

 

 

 

 

 

 

 

événement changement climatiques

 

hiver doux neige froid changements climatiques

 

Parce qu’il confond la météo vs le climat.

La météo, c’est le temps qu’il fait dehors : la température, les précipitations, une tempête, etc. Elle peut varier énormément sur de courtes périodes. Par exemple, un été très chaud peut être suivi par un été frais, sans que ça ait une signification quelconque.

Le climat, ce sont des tendances, des « patterns » qui se dessinent sur des décennies, voire des siècles.

 

changements climatiques tornade ouragan tempête inondation

 

Peut-être, mais pas nécessairement.

Les recherches suggèrent que les changements climatiques vont probablement augmenter la fréquence des événements météorologiques extrêmes, comme les ouragans, inondations et sécheresses.

Mais en général, on ne peut pas associer les changements climatiques à un événement particulier, ou même à quelques événements.

 

 

27 degrés en octobre climat

 

Pour chaque exemple que tu donnes, ceux qui doutent de la réalité climatique vont facilement trouver un contre-exemple :

 

 

 

Aussi, c’est important de se rappeler qu’aucune conséquence précise des changements climatiques n’est « certaine » à ce stade.

Or, beaucoup de gens ont de la difficulté à accepter la notion d’incertitude en sciences.

 

changements climatiques conséquences incertaines mensonge

 

 

La science des changements climatiques repose sur des modèles mathématiques d’une complexité difficilement imaginable pour le commun des mortels (i.e. toi et moi).

Pour fonctionner, ces modèles doivent assumer certaines choses comme vraies, en approximer d’autres, etc. Autrement dit, les spécialistes créent la meilleure estimation possible, sans pour autant prétendre que c’est totalement exact.

Mais ce n’est pas un problème, car de toute façon, les climatologues parlent en termes de probabilités / scénarios possibles.

 

changements climatiques scénarios simulations GIEC IPCC

 

Même dans le scénario le plus conservateur (i.e. le plus climato-sceptique et/ou celui où on changeait dramatiquement la société et notre mode de vie), le réchauffement planétaire se produit, mais à un niveau moindre, avec des conséquences moins catastrophiques.

Mais dans tous les cas, les conséquences seront vraisemblablement majeures.

D’ailleurs, parlant de « conséquences »… elles seront sur quoi, ou sur qui ?

 

 

 

 

 

 

 

sauver la planète

 

sauver la planète

 

C’est plate à dire, mais la planète n’a pas besoin d’être sauvée.

Le problème ici est qu’on a de la difficulté à penser en termes d’âge géologique de la Terre :

 

Terre âge géologique milliards années création vie dinosaures humains habitable

 

La Terre a déjà été couverte d’océans de lave et de souffre bouillant. Elle a survécu, entre autres, à cinq ères glaciaires. Elle a résisté à de véritables apocalypses, dont des impacts de météorites géantes.

Cinq extinctions de masse se sont déjà produites, à intervalles de 50 à 100 millions d’années, entraînant à chaque fois la disparition de la quasi-totalité des espèces (la 6e est en cours, à une vitesse jamais vue, par notre faute).

Si l’humanité disparaissait demain matin, la vie trouvera probablement son chemin et se poursuivra bien après nous. Et la planète, sans aucun doute, survivra TRÈS longtemps – et se portera sûrement beaucoup mieux – après notre départ.

 

 

Tu donnes l’opportunité aux gens qui doutent de la réalité climatique de te traiter de hippie.

 

changements climatiques hippies

   

 

Ce n’est pas tant la Terre qui doit être sauvée : c’est surtout…

 nous

 

Les changements climatiques pourraient menacer la santé et la survie de populations entières :

 

C’est sûr que ça serait plate d’exterminer la quasi-totalité des espèces sur Terre par négligence… Et vu qu’on ignore s’il y a de la vie ailleurs dans l’Univers, ça serait bien d’en préserver la diversité autant que possible. En ce sens, cet argument n’est pas complètement mauvais et se défend. Mais même là, il n’interpellera jamais certaines personnes, qui ne se sentent tout simplement pas concernées par la préservation de la biodiversité.

 

Bref, soit on fait en sorte que le climat futur va permettre la vie humaine, soit on quitte la planète et on s’en va en polluer une autre ailleurs.

 

changements climatiques pancartes manifestations arguments

 

 

 

 

 

 

 

conclusion

 

Nous sommes nombreux à être informés et sensibilisés sur la réalité des changements climatiques.

Malheureusement, plusieurs personnes continuent à croire que cette crise est incertaine, voire inventée.

On ne peut pas les blâmer : c’est vraiment difficile de se faire une idée sur un sujet aussi complexe et, comme pour tous les enjeux en science, les informations qui circulent sont souvent contradictoires.

C’est donc important d’aborder les changements climatiques en utilisant les bons arguments, et de rappeler les impacts qu’ils auront sur nos activités quotidiennes.

Éventuellement, ceux et celles qui refusent de voir la réalité n’auront plus vraiment le choix d’y « croire ». Mais on n’a pas tellement le luxe d’attendre…

D’ici là, concentrons-nous sur la vaste majorité des gens, qui ne demandent pas mieux que d’avoir accès à la bonne information.

 

changements climatiques réflexion arguments sceptiques

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  1. je sais que tu n es pas specialiste de l environnement (et ce commentaire risque d etre gros) mais j aimerais montrer mon point de vue. deja, la plupart sont daccord pour dire que le probleme environmental est en parti du aux activité humaine. donc, notre economie ( production, transport, surconsomation). a ce stade, le probleme est environemental-economique, c est la premiere etape a comprendre et a ne surtout pas negliger. vu que souvent on mise uniquement sur le coté environnement du probleme.

    maintenant, pourquoi tant et aussi longtemps qu on ignore la partie economique du probleme sa ne se reglera jamais? vite comme sa, on croit que se sont nos auto personelle qui cause la grosse pollution, que nos sac plastique d epicerie cause la grosse pollution… mais en relaité, le fait qu on vive dans un monde ou tous est basé sur les echange internationnal est le probleme. c est simple pourtant, mais ceci serait le plus gros « sacrifice » pour la generation actuel.( en gros ce que je dis, prendre le velo au lieu de l auto n est pas vraiment concernant.) la meilleur solution serai de ramener nos productions et créé une economie local.

    je trouve sa vraiment facile essayer de baisser notre impacte environnementale en deplacant le probleme en chine ou en inde et vivre de leur importation. ( pays ou les regmenents envorinnementale sont moindre, sans parlé des condition de travail)

    on pourrait créé une economie axé sur le locale. mais pour sa il y a 3 conditions
    1- l espace (lieu de production, usine manifacture)
    2- les ressource ( axé sur ce qu on a directe du territoire ou au pire importé un minimum pour pouvoir le créé)
    3- une main d oeuvre. et celui ci est le plus problematique. et c est a ce point preci que le « sacrifice » se voit.

    qui de nos jours voudrait travailler dans une manifacture ou une usine? pas grand jeunes de nos jours. et justement, on va au cegep et a l université exipres pour avoir un metier plus attrayant et satisfesant. (malgré qu on peu arranger sa avec une immigration de travailleur comme on a fait dans le passé (et encore actuellement avec l agriculture de nos jours)).

    et en meme temps, les gens ne sont pas pret. c est facile augmenter le salaire minimum a 15 dollar de l heure quand on importe. mais avec ce type d economie, le 15 de l heure de production de l employer va paraitre sur l objet. deja avec tout les probleme lier supposement au cout de la vie, avec sa, ils n en reviendront pas.

    j aimerais terminé en disant, l envoronnement sait se regenerer d elle meme si on ne la surcharge pas. le probleme n est pas le zero dechets ou zero pollution, meme que un peu de pollution c est l ideal autant pour nourrir les plante et garder une bonne equilibre envoronnemental. le reel probleme, c est le dosage, et avec une economie inernationnal, on a vraiment petté le plafond. ce n est pas « vivre le bio et le zero dechet » parce que meme encore la , le produit bio d importation n est plus vraiment un produit bio. reste que le vrais truc a ce dire c est….

    ne pas chercher la perfection environementale car la nature est deja bien fait de base. notre role est simplement de ne pas en abusé et de lui laisser le temps de faire son travail. autrement, elle risque d etre un peu plus hardcore pour retablir l equilibre. et c est de sa que tous le monde a peur et crie a la fin du monde sans pour autant s y mettre pour de vrais. (ici je parle de nos solution/pensée magique du velo pour la terre ou du sac reutilisable pour la terre, ect.)

    • Je suis tellement d’accord avec vous. C’est politiquement plus simple, sans doute, de culpabiliser les individus que de prendre les décisions, certes radicales, nécessaires.

  2. Bonjour,

    Toujours un plaisir de te lire! Détail insignifiant: ne devront-on pas écrire
    « Parce qu’il confond la météo ET le climat » plutôt qu’écrire « Parce qu’il confond la météo vs le climat »?

    Je continue la lecture et je reviens, peut-être 😜

  3. Nul doute que la planète se réchauffe, pour preuve il y a une dizaine de milliers d’années, il y avait 2 km de glace sur Montréal. Alors, oui, depuis tout ce temps, la tangente est au réchauffement. Par fois plus accentué (comme le réchauffement médiéval par exemple en l’an 1000) et par fois stoppé (minimum de Maunder par exemple autour de 1645-1715).

    La question du jour, c’est de savoir si l’activité humaine contribue au réchauffement actuel. Si oui, depuis quand et à quelle hauteur? En ce sens, où est l’une étude sérieuse soumise à la révision des pairs et publiée dans une revue scientifique pour appuyer sans équivoque cette affirmation?

    Pour ce qui est du GIEC, jusqu’à présent, tous ses modèles de prédictions sont erronés par rapport aux observations satellitaires effectuées. Il faut également mentionner l’agenda politique du GIEC ainsi que sa propre composition qui est loin d’être restreint aux climatologues. Voilà un gros problème pour avoir l’heure juste.

    Si demain matin, on mettait toute, toute, toute, toute notre argent pour combattre le réchauff… les changem… les déréglements climatiques, aurions-nous la garantie d’y parvenir? Le changement n’est-il pas plutôt inéluctable? Au lieu de le combattre, ne devrions-nous pas plutôt concentrer nos énergies (et notre pognon) à s’y adapter?

    Ce qui est clair, c’est que l’activité humain pollue l’eau, l’air et la terre. Ça, ce sont réellement des enjeux environnementaux et écologiques.

    • Salut Éric,

      Merci pour ton commentaire !

      Puisque je l’ai fait dans mon article, merci d’appuyer toi-même tes affirmations à propos du GIEC avec des sources, sans quoi c’est difficile de te répondre. Surtout considérant que ce groupe a un support essentiellement unanime au sein de la communauté scientifique.

      Pour ce qui est de l’absence de données sur le rôle de l’activité humaine, je doute vraiment que ce soit le cas, considérant la masse d’information analysée – et produite – par le GIEC. Je ne peux pas répondre plus précisément par contre; des lecteurs/trices qui connaissent mieux le sujet pourront sûrement le faire.

      A+!

      Olivier

      • En effet, le concensus n’est pas seulement sur le fait que le climat change mais également sur le fait que l’activité humaine en est la cause. Phil Plait est une bonne ressource à ce sujet. Par exemple: https://slate.com/technology/2013/09/climate-change-its-real-and-its-us.html. Noter que l’article date de 2013, alors, on en est encore plus sur maintenant. Il y a aussi ce site, qui recense pratiquement tous les mythes sur les changements climatiques, y compris toutes les explications alternatives qui ont été émises (rayons cosmiques, cycle normal, aerosols) https://www.skepticalscience.com/its-not-us.htm. Désolée, les ressources sont en anglais.

      • Bonjour Éric et Olivier,

        J’ajoute quelques informations en tant que doctorant ayant une formation en géologie et océanographie/paléoclimatologie.
        La Terre sort en effet d’une période glaciaire, mais cela suit un cycle naturel à l’échelle de 100 000 ans: depuis environ 2 millions d’années, la Terre alterne entre périodes glaciaires (durent environ 80 000 ans) et des périodes interglaciaires comme celle dans laquelle nous nous trouvons (environ 20 000 ans). Au sein même de ce grand cycle, d’autres cycles affecte le climat à une échelle moindre mais quand même marquante, comme le cycle solaire qui a généré l’optimum climatique médiéval (de 800 à 1200) et le petit âge glaciaire (de 1500 à 1750). Cependant, à l’échelle de l’Holocène (les derniers 11 700 ans) il a fait plus froid dans les 3-4 derniers millénaires que dans la période précédente.

        Là où je veux en venir, c’est que le réchauffement actuel n’a rien d’extraordinaire, et va peut-être être suivi par un refroidissement naturel, voir même par un retour en période glaciaire d’ici quelques millénaires. Mais il a été démontré que la vitesse du réchauffement est accentuée par les activités humaines (déforestation, gaz à effet de serre…)…

        Le problème n’est pas forcément là où on le pense, et cela rejoint le 3ème argument énoncé dans l’article: la Terre en a vu d’autres et les températures ne vont pas atteindre des valeurs exceptionnelles pour elle (jusqu’à il y a 40 millions d’années, il n’y avait même pas de glace aux pôles! Mais on parle d’une échelle encore plus grande…). D’autre part, l’humain a survécu à la dernière glaciation et à des périodes mêmes un peu plus chaudes qu’aujourd’hui.

        Le problème réside dans le fait que la civilisation actuelle a évolué très rapidement dans les derniers siècles, en termes de population (on était à peine 1,5 milliards au début du 20ème siècle) et en termes de développement. L’emplacement des constructions, les matériaux utilisés, le mode de consommation: tout est adapté en fonction du 20ème siècle, sans tenir compte de la variabilité climatique à plus grande échelle!

        C’est comme le principe de développer une grande ville en 50 ans dans une région où un méga-séisme se produit environ tous les 100 ans… Quand le séisme surgira de nouveau, les constructions ne seront pas adaptés et les dégâts seront catastrophiques. Il en va de même pour le climat: bien que l’évolution de celui-ci et des phénomènes associés n’ont rien d’exceptionnels pour la planète, et bien que l’humain en tant qu’animal pourrait s’adapter, notre mode de vie occidental (surtout dans les pays en développement) risque d’être considérablement affecté par le manque de ressources ou les dégâts engendrés par les changements, qui seront trop rapides. D’autant qu’avec la mondialisation, toute la société va être concernée par les phénomènes ponctuels affectant certaines régions du globe.

        Là-dessus, il serait en effet important, comme dit Éric, de se concentrer sur l’adaptation des populations aux changements à venir. Sans pour autant amplifier notre impact sur l’environnement et le climat… Ou c’est se tirer une balle dans le pied.

        Désolé c’était long et pas forcément bien construit. J’espère apporter d’autres arguments aux débats!

        Quentin

  4. Bonjour Olivier
    Je t invite à lire la mission du giec au départ il ne peut pas être neutre il ne peut que s intereser au causes d origine humaine et un peut plus loin il ne s engage pas à s intéresser à d autre causes pertinentes .Cette façon de faire dirige la science.vers la cause entropique .peu de scientifique sont suicidaire au point de contredire les résultats attendu.
    Je pourrait t en nommer une centaine mais quelque un suffise François Gervais Richard Linden Inrich svenmarch Vincent courtillot ton Ball etc et demande liste de scientifique climatoseptique.Tu sera surpris des qualifications de plusieurs d entre eux et de la solidité de leur arguments.

  5. J’ai une certaine difficulté avec votre interprétation du consensus. En effet, d’autres études ont confirmé l’existence de ce consensus. En science le consensus est le niveau le plus élevé. On parle de consensus si la vaste majorité des études aboutissent à des conclusions similaires.

    Pour ce qui est des phénomènes météos que l’on assimilent aux changement climatiques, on parle de changements climatiques depuis très longtemps. Or le climat affecte la météo. Donc, il faut s’attendre à voir des phénomènes météo qui ont une fréquence de 1 au 50 ans devenir plus fréquent, par exemple. À quel moment un phénomène peut-il être assimiler aux changements climatiques? Pas certain. Mais il faut tout de même considérer que certains phénomènes météo découlent des changements climatiques.

    • Salut François !

      En effet, on parle de consensus si la vaste majorité des données vont dans le même sens. Pas si les scientifiques pensent la même chose.

      Bref, comme me le disait mon réviseur, il faut distinguer « consensus scientifique » (qui émerge à partir des données) et « consensus DE scientifiques » (sondages ou similaire).

      Pour ton 2e point, je crois bien que nous disons la même chose, à moins que j’aie mal compris.

      A+!

      Olivier

  6. Eeeee… Plus d’humain, plus de deforestation, plus de pollution, plus de souffrance et sur tout plus de désinformation. Regarde, c’est écrit sur internet, Dieu est une boule de neige dans l’espace temps, le temps des imbiciles a dominer la planet est venu. C’est la catastroffffffphe, l’humain ne se rend pas compte qu’is s’auto-extermine… ça peut qu’être bénéfique pour la nature. Pour Gaïa, un peu de beurre sur ta brûlure ou une gousse d’ail dans le cul pour te débarrasser de tes parasites.

  7. Bonjour ! On pourrait ajouter un argument qu’il ne faut pas utiliser : qu’un réchauffement impliquerai une augmentation des évènements type ouragans, sécheresses, inondations, une moins bonne productivité agricole, etc…. Pour plusieurs raisons. La première c’est qu’une telle augmentation n’apparait pas dans les statistiques. La seconde c’est que le GIEC lui-même est extrêmement prudent sur cette question. Et la dernière, qui clôt la question, est que le nombre de victimes de tels évènements a radicalement baissé d’un bon 90% sur les dernières décennies.

  8. Bonjour,

    Merci pour votre article. Je le trouve très intéressant, quand bien même je suis en total désaccord avec vous (mais, comme le dit cette phrase attribuée paraît-il à tort à Voltaire : « J’ai beau être en désaccord avec vous, je me battrai afin que vous puissiez exprimer vos opinions »).

    En revanche, LE point sur lequel porte notre désaccord est que vous affirmez : « ET NON, CE N’EST PAS UNE QUESTION D’OPINION ». Et là, j’avoue, je ne vous suis pas. Il se trouve que, comme vous, j’ai une solide formation scientifique qui m’a appris notamment à savoir remettre en cause ce qui est « généralement admis », que ce soit via le GIEC ou autre. Ainsi, à une époque où TOUT LE MONDE était persuadé qu’elle était plate, Galilée affirmait que notre planète est globalement sphérique, par exemple.

    En gros, il me semble pour le moins hasardeux d’affirmer que le réchauffement climatique et SURTOUT la causalité supposée de l’influence de l’activité humaine sur ce changement ne sont pas discutables et donc ne souffrent pas la controverse. QUI êtes-vous pour affirmer que ce n’est pas une question d’opinion ? C’en est clairement une, dans la mesure raisonnable où certains spécialistes, certes étouffés médiatiquement, affirment que l’activité humaine n’a qu’une influence très faible sur la climatologie. Je pense qu’il convient de lire les différentes hypothèses scientifiques et d’en tenir compte.

    En revanche, je crois que vous avez raison sur les trois arguments à ne plus utiliser et ceci, vous le développez correctement.

    Dans tous les cas, je vous souhaite une bonne journée.

    • Salut Alain !

      Si je comprends bien ton commentaire, nous ne sommes pas en « total désaccord », mais tu as plutôt un malaise avec la phrase « ET NON, CE N’EST PAS UNE QUESTION D’OPINION ».

      Je fais ici référence à l’opinion populaire (croyances et impressions), pas à l’opinion professionnelle des climatologues. Car ultimement, toute interprétation des données scientifiques relève de l’opinion. Bien honnêtement, je crois que c’était déjà clair à la lecture, mais pour éviter toute possibilité de malentendus, j’ai changé le mot « opinion » pour « y croire » dans ce cas précis.

      A+!

      Olivier

      • Bonjour Olivier et merci pour votre réponse 🙂

        Je comprends mieux en effet ce que j’avais mal compris au départ.

        Pour finir, je citerai Aldous Huxley : « La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter ».

        Au plaisir 🙂

  9. Ci après les avis d’un certain nombre de scientifiques qui ne sont pas d’accord avec la responsabilité du CO2 Anthropique.

    [NOTE D’OLIVIER – J’ai enlevé ici un copier-coller de 8110 mots, tiré de ce site : publicmeteo.be/liste-des-scientifiques-sceptiques-de-linfluence-humaine-sur-le-rechauffement-climatique-actuel/]

  10. Bonjour cher Pharmachien!

    Encore un article bourré de pertinence! Je suis scientifique de formation (physicien) et, tout comme toi, je me fait d’abord sceptique à la réception d’une information douteuse et, même si une information donnée me semble assez bien justifiée et démontrée par la méthode scientifique, je ressens naturellement le besoin d’aller la contre-vérifier 2x pis 3x par d’autres sources fiables impartiales. Parce que, comme André Sauvé disait: « on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres et ça dit absolument rien »… LOL mais sérieusement, ça dépend de la solidité de leur interprétation. Enfin.

    Je ne suis pas climato-sceptique, loin de là. Dans ton article, tu explique la confusion que les gens montre à l’égard de la météo vs le climat. En même temps, tu parles à la fois de réchauffement et de pollution.

    Là où j’ai de la misère c’est quand les gens accorde trop d’importance au RÉCHAUFFEMENT climatique par rapport à la pollution. Moi si je suis pessimiste par rapport à l’avenir, hormis le fait que notre propre technologie pourrait un jour nous surpasser etc. à la Terminator ou the Matrix, c’est pas tant à cause du réchauffement. Sans pour autant le négliger, moi je pense qu’il est « d’la p’tite biére » comparativement à la POLLUTION qu’on génère. Dans l’air, dans l’eau, dans le sol. Le plus dangereux pour l’humanité à mon avis c’est que l’on transforme notre planète en poubelle géante. Tu as déjà vu le documentaire Manufactured Landscapes de 2006? Si oui, alors je te laisse imaginer les images qu’ils pourraient tourner aujourd’hui, seulement 13 ans plus tard! C’est complètement fou!

    Anyway tout ça pour dire qu’à mon avis, on devrait moins s’inquiéter du réchauffement (sans bien sur l’oublier!) au profit de plus d’intérêt portée à l’ensemble de la pollution (autre que les gaz à effet de serre).

    Francois

  11. Bonjour,
    Je trouve un peu dommage que votre article soit teinté de votre opinion. Vous débutez en mentionnant que vous trouvez dommage que certaines personnes ne « croient » pas au changements climatiques, bien que cela ait fait un « concensus » parmi les scientifique.
    J’appuie certains des commentaires précédents; comme si, parce qu’une apparente majorité de « scientifiques » ont une opinion, opinion qui soit dit en passant est extrêmement médiatisée et politisée, et donc vendue à la population peu connaissante du sujet comme la seule crédible, cette opinion devrait être prise comme vérité?
    J’apprécie vos arguments et votre argumentaire bien monté, mais ce côté du « concensus » qu’on devrait prendre pour vérité m’irrite.
    Comme d’autres l’ont mentionné, je crois aussi, ayant une formation en géologie, et comme plusieurs dizaines de milliers de scientifiques, que les « changements climatiques » ne sont en grande partie pas causés par les activités humaines. Le vrai problème est la surpopulation et la pollution, ce sur quoi nous devrions nous concentrer.
    Et en ce qui concerne le GIEC, beaucoup de scientifiques s’entendent pour dire que les modèles climatiques de base qu’ils utilisent étaient erronés dès le départ. Il y a aussi eu des avis mentionnant que le GIEC avait fait de la manipulation de données pour arriver aux « bonnes » conclusions. Vous me demanderez des preuves; fouillez un peu sur internet, mais il est malheureusement difficile d’en avoir, ces « fuites » étant extrêmement censurées…J’ai moi-même été témoin d’un article en faisant part, qui avait été retiré du web la journée même, et je n’en ai jamais retrouvé la trace.
    Je vous invite à lire le livre La légende de l’effet de serre de François Meynard. Ouvrage très scientifique, qui expose une autre vision du phénomène des « changements climatiques », et qui nous invite à nous poser la question de pourquoi ce phénomène est aussi médiatisé et présenté de façon alarmiste, dans notre société actuelle où tout n’est que question d’argent et de pouvoir…
    Je vous laisse y réfléchir.

  12. Bravo bien fait.
    Tite tite erreur: faire long feu signifie justement le contraire : que la mèche brûle d’ un coup au lieu de tranquillement.

  13. Bonjour et merci pour votre article.
    La première chose que j’ai envie de dire c’est encore un article sur le réchauffement climatique(fonte des glaces) mais je demeure sceptique à la vue de cette article https://www.meretmarine.com/fr/content/ponant-le-passage-du-nord-ouest-infranchissable

    J’ai l’impression que les gens confonde changement et réchauffement climatique, à mon avis même si l’humain n’existerais pas sur la terre il y aurait tout de même des changement climatique.

    Je sais pas si vous êtes courant de la théorie de la mini ère glacière que certain scientifiques ont affirmé.
    http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/07/13/01008-20150713ARTFIG00193-une-mini-periode-glaciaire-pourrait-toucher-la-terre-a-partir-de-2030.php

    • Bonjour Toboulot,

      Cet article est jntéressant. Cette théorie, qui a sa part de vraisemblabilité, n’est pas incompatible avec celle d’un « réchauffement » général d’origine partiellement anthropique.
      En effet, le climat général de la Terre est principalement soumis aux cycles solaires qui sont à l’origine de l’Optimum Médiéval Climatique, du Petit Âge Glaciaire et (au moins en partie) du réchauffement post-industrialisation. Donc il est très bien possible que nous vivions un nouveau « Petit Âge Glaciaire » dans les prochaines décénnies, bien que cela ne s’accorde pas avec la plupart des modèles climatiques. Cependant, cela n’effacera pas notre impact. Les gaz à effet de serre sont toujours plus concentrés dans l’atmosphère que lors des dernières périodes chaudes. Un refroidissement (de l’air et donc de la surface de l’océan) pourrait favoriser par exemple une ré-augmentation du captage du CO2 par les océans, ce qui serait bénéfique. Mais étant donné que l’empreinte carbone humaine ne risque pas de diminuer, la problème sera seulement retardé, et non éliminé.
      En gros, un nouveau Petit Âge Glaciaire ne ferait que reporter les problèmes à plus tard.

  14. Bonjour monsieur,

    après lecture je reste sur ma fin. Malheureusement votre effort louable me semble n’ajouter qu’une couche de flou à un sujet compliquer et controverser. Je vous expose ou mon esprit accroche votre approche. Il est inutile de tomber de le lourd pour s’y attarder.

    1. La science n’a jamais statué sur la température idéale pour la vie dans son ensemble. Crier au loup et à la catastrophe quand personne ne sait ou se situe la température »Eden » est une absence d’esprit critique absolue. La vie dans son ensemble à la capacité d’adaptation requise pour supporter des changements progressifs de températures et d’environnements. Il faudra en connaître les limites avant de dicter à cette température X les problèmes commencent.

    Pour ce qui est des »anomalies » elle ne sont tout simplement pas au rendez-vous.

    2. Rappelez que la »science du climat » n’est qu’une extension de la physique aiderait les gens à comprendre que ce n’est pas une science émergente face à une crise à venir mais une suite logique à une science pure en constante évolution. Après tout, quand je vois des scientifiques se proclamer autorité quand il ne possède aucune expertise en physique je me demande pourquoi personne ne soulève le point. L’avis général d’un Ph.d sur un sujet est toujours appréciable mais ce n’est pas nécessairement appuyer par du contenu et régulièrement teinté par le biais naturel de l’individu. Encore plus vrai lorsque l’individu sort de son champ d’expertise pour émettre une opinion. L’erreur est que cette opinion est que cette opinion est reçu comme une expertise alors qu’elle ne l’est pas. Nuance absolument requise pour l’esprit critique d’un lecteur.

    3. Prendre la période 1850 comme début est une supercherie. Regardez les températures avant 1850…. nous sortions d’une ère glaciaire. Bien sur que la température remonte après un ère glaciaire. Chose que les convaincu ne semblent jamais vouloir adresser.

    4. Les modèles ne suivent pas les observations depuis 1994, chose devenu incontestable depuis le début du siècle. Comme 97.5% des modèles sont 0.55 degré au dessus de la réalité et que la température ne suis pas du tout la hausse du CO2, il y a une révision d’approche requise.

    Je pourrais continuer longtemps mais ces trois points me semble suffisant. Votre approche, pour conclure, cherche à fermer le débat au lieu d’ouvrir la réflexion du lecteur. C’est malheureusement le réflexe de la majorité des gens qui écrivent sur le sujet. Le biais naturel de l’individu ressort.

    Mais nous avons besoin de vulgarisateur comme la plupart des gens n’ont jamais ouvert une étude scientifique et ne se taperons pas les rapports pertinents (GIEC, AR5, TAR3, RCP, ETC)

    Juste comme ça en PS, que pensez-vous du fait que le AR6 augmentera le seuil de CO2 requis dans le RCP 8.5 à 1100 PPMs (anciennement 936 PPMs) pour atteindre le réchauffement de 5 degré?

    (Oui je me tape la vrai science)

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