Chloroquine : la cascade de conséquences d’un avis d’expert prématuré

Un homme est décédé cette semaine après avoir avalé du nettoyant pour aquariums qui contenait de la chloroquine. Sa conjointe a fait pareil, a été hospitalisée, mais a survécu.

On a beaucoup entendu parler de ce médicament au cours des derniers jours. Tout a commencé quand un médecin français a dit être « convaincu » que la chloroquine serait efficace pour traiter la COVID-19. Ses propos ont « convaincu » plusieurs politiciens en Europe, et même Trump aux États-Unis.

S’ensuit une série de conseils prématurés et exagérés, un engouement populaire pour le médicament, et une crainte de pénurie de chloroquine, qui est normalement utilisée pour traiter des maladies critiques comme la malaria et l’arthrite rhumatoïde. En plus, c’est un médicament qui peut avoir des effets secondaires sérieux si mal utilisé.

Pourtant, toute cette histoire n’aurait jamais dû être publiée à la base. Le médecin en question se basait sur une étude maison isolée, incroyablement mal construite et aucunement concluante, et sur des anecdotes difficiles à corroborer en provenance d’Asie.

C’est tentant de dire que ce couple qui a ingéré du nettoyant à aquarium est « stupide »… Mais en ce moment, la situation est tellement angoissante qu’on a besoin d’espoir, et on s’accroche à toute bonne nouvelle qu’on peut trouver. La panique pousse certaines personnes dans leurs derniers retranchements, en termes de pensée rationnelle.

D’où la nécessité d’être très prudents quand on vante les mérites d’un traitement supposément « efficace » ou « prometteur ».

 

 

En passant, de l’espoir et des bonnes nouvelles sur les traitements potentiels, il y en a !

On n’a probablement jamais vu, dans toute l’histoire, la communauté scientifique et le gouvernement s’organiser aussi vite pour accélérer le démarrage d’études cliniques. Et plein d’équipes de recherche travaillent déjà sur un potentiel vaccin.

Ce niveau de collaboration est extraordinaire, et avec un peu de patience (et pas trop de conseils prématurés et exagérés), on va en avoir des traitements 

(qui incluront peut-être la chloroquine, ou pas)

 

P.S. Il y a déjà des mesures en place au Québec pour réserver les prescriptions de chloroquine aux personnes qui en ont réellement besoin !

P.P.S. Par rapport au médecin, je ne pense pas que c’est de « sa faute » si le gars a avalé du nettoyant à aquarium. Ce que je pense, c’est que ce n’est pas n’importe quel médecin, mais un des scientifiques les plus influents en Europe, à ce qu’on dit. Quand il se prononce, ses propos ont un impact majeur, il doit en être conscient. Et quand il a été contesté, il en a rajouté. Donc j’espère qu’il aura un peu d’introspection sur le rôle qu’il a joué dans l’escalade de toute l’affaire.

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