4 arguments louches sur le cannabis et la santé

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Le 17 octobre 2018 est une journée qui passera à l’histoire : c’est le bug de l’an 2000 le jour où le cannabis a été légalisé au Canada (i.e. aujourd’hui).

Depuis un an, je me fais poser une tonne de questions sur le sujet. Surtout, les gens veulent savoir si je suis « pour ou contre » la légalisation…

Mais je ne suis pas la bonne personne pour répondre à cette question. Les raisons légales, sociales et économiques ne sont pas dans mon champ d’expertise. Mon domaine, c’est la science et la santé.

Disons simplement que la criminalisation du cannabis, ça a été un échec. Donc il était temps qu’on essaie autre chose.

Aussi, à un moment donné, ça ne sert à rien d’être dans le déni : au moins 15% des gens consomment du cannabis. Et chez les jeunes, c’est 30 à 40%.

Mais je dois dire que les deux discours les plus présents en ce moment m’énervent tout autant, c’est-à-dire :

 

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Je pense que c’est important de parler ouvertement du cannabis. Mais malheureusement, on entend souvent des arguments très louches autant dans le camp « pour » que « contre ».

Cette BD reprend les grandes lignes de l’épisode sur le cannabis des Aventures du Pharmachien, diffusé en décembre 2017. L’épisode peut être visionné sur l’Extra de tou.tv. Et si tu es prof ou étudiant(e), la plate-forme Curio.ca permet d’écouter l’épisode gratuitement en classe ou à la maison.

 

Note #1 : Question d’être transparent, je dois avouer que je n’ai jamais consommé de cannabis dans ma vie, même pas pris une « pof ». La raison est que je n’ai jamais aimé l’effet des psychotropes en général (i.e. les substances qui modifient l’état de conscience), incluant l’alcool. J’espère que ça ne me disqualifie pas d’aborder le sujet, au même titre que je n’ai jamais consommé 99.999% des médicaments avec lesquels je travaille sur une base quotidienne…

Note #2 : Il y a plusieurs éléments que je n’ai pas abordés dans la BD, entre autres la conduite sous influence, l’absence d’un taux maximal de THC dans les produits, les intoxications chez les enfants et les animaux qui ont consommé par erreur des aliments contenant du cannabis, la mode du « microdosing »… la BD est déjà très longue, donc s’il y a lieu, j’y reviendrai une autre fois !

 

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Injections de vitamine C : la cause VS la réalité

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(Considérant mon passé trouble avec le jus d’orange, je devrais éviter de parler de vitamine C, mais bon…)

En mai 2018, une pétition signée par plus de 70000 personnes a été déposée à l’Assemblée National du Québec, avec l’objectif de faire autoriser les injections de vitamine C dans les cas de cancer. Cette demande a ensuite été refusée par le gouvernement.

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Les personnes atteintes d’un cancer traversent des moments extrêmement difficiles et sont très courageuses. Certaines recoivent déjà des injections de vitamine C et jugent que cela les aide à mieux tolérer leur chimiothérapie; je leur souhaite sincèrement de pouvoir continuer à les recevoir.

Par contre, l’enjeu ici est plus large.

Le problème n’est pas que quelques personnes reçoivent ces injections. Le problème, c’est que l’engouement autour de cette histoire suggère que ça devrait être un traitement répandu, facilement accessible et utilisé régulièrement chez les patients souffrant de cancer. Or, ce n’est pas le cas.

Malheureusement, quand on lit les commentaires sous les articles de presse ou ceux qui accompagnent une autre version de la pétition, c’est clair que beaucoup de gens ne comprennent pas vraiment les enjeux entourant la question. Et je ne peux pas les blâmer, car la réponse du gouvernement n’expliquait pas en détails le contexte du refus.

Donc j’ai pensé faire un survol des perceptions populaires VS la réalité sur la cause pro-vitamine C injectable.

(Note : les commentaires des gens ci-dessous sont réels et cités textuellement)

 

 

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Les injections de vitamine C ne traitent pas le cancer.

L’utilisation qui est suggérée dans la pétition est pour réduire les effets secondaires de la chimiothérapie, ce qui aurait pour but d’améliorer leur qualité de vie. Et malheureusement, à ce jour, les données ne sont pas concluantes pour cette utilisation non plus (autrement dit, il y a des études positives, d’autres négatives, et ces études n’ont pas de groupe placebo adéquat qui permettrait de savoir si l’effet est réellement dû à la vitamine C, donc globalement l’effet n’est pas clair et reste théorique; voir iciici et ici, entre autres).

La croyance selon laquelle la vitamine C soigne toutes sortes de maladies, c’est une idée qui remonte aux années 70, mais qui s’est avérée fausse lorsque testée scientifiquement.

La seule chose qu’on guérit avec des injections de vitamine C, c’est le scorbut, une affection peu fréquente en cette époque post-Jacques Cartier.

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Ce n’est pas « illégal » d’injecter de la vitamine C au Québec.

Le problème n’est pas la légalité, mais le fait que ce n’est pas éthique, rationnel ou justifié de le faire en l’absence de preuves scientifiques solides.

Et d’ailleurs, ce n’est pas plus acceptable en Ontario qu’au Québec. Les médias ont parlé d’une clinique qui offre ces injections là-bas; il s’agit d’un centre de « médecine intégrative » (i.e. le nouveau nom donné aux thérapies alternatives / holistiques). Elle est dirigée par un naturopathe. Selon son site web, il n’y a qu’un seul médecin qui semble y pratiquer comme clinicienne, et elle n’est pas oncologue.

Bref, le fait que des cliniques en Ontario, dans le reste du Canada et aux États-Unis (il y en a plusieurs) offrent des injections de vitamine C n’est pas une preuve d’efficacité.

 

 

 

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J’ai vu des tonnes de comparaisons avec la légalisation du cannabis. Mais encore une fois, il n’est pas question de « légaliser » quoi que ce soit. Donc SVP, évitez les analogies qui ne tiennent pas la route.

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(note : histoire vraie)

 

 

 

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Les injections de vitamine C ne semblent pas typiquement causer beaucoup d’effets secondaires, c’est vrai.

Mais le vrai problème, c’est qu’elles pourraient NUIRE à l’efficacité de la chimiothérapie.

[À noter que lorsqu’on donne de la chimio pour des cancers incurables (i.e. soins palliatifs), ce n’est pas pour traiter le cancer en tant que tel, mais pour diminuer la douleur et prolonger la vie. Donc si la vitamine C diminue les chances que ça marche, c’est bel et bien important d’en tenir compte.]

Les cliniques qui offrent de telles injections le disent dans leurs propres références :

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D’autres études ont dû être stoppées prématurément à cause d’effets toxiques qui semblaient causés par la vitamine C elle-même.

Bref, c’est une erreur de voir ces injections comme inoffensives. D’ailleurs administrer des mégadoses de vitamines est toujours dangereux.

 

 

 

 

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L’animatrice Chantal Lacroix est connue pour son engagement social et son implication dans des causes humanitaires. Pour ça, bravo !

Mais ici, son commentaire est juste weird.

Le serment professionnel des médecins les engage à « [exercer] la médecine selon les règles de la science ». Et c’est exactement ce qu’ils font.

Prescrire un traitement risqué dont l’efficacité n’est pas prouvée, c’est pas plutôt ça qui serait “bafouer le serment d’Hippocrate” ? Est-ce ironique ça aussi ? (à ce stade je suis ben mêlé sur ce qui constitue de l’ironie ou non).

Bref, je trouve ça vraiment plate qu’une personne aussi influente que Mme Lacroix tente de faire avancer une cause en discréditant la communauté médicale avec des affirmations sans fondement.

D’autres amènent cette idée encore plus loin :

 

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Bon, les théories de conspiration de Big Pharma maintenant…

Faisons un peu de logique OK ?

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D’ailleurs, une des personnes atteintes de cancer qui reçoit présentement des injections de vitamine C mentionnait récemment à la radio que cela lui permettait de rester plus longtemps sur la chimio.

Autrement dit, si les injections de vitamine C fonctionnent, elles sont profitables pour Big Pharma.

 

 

 

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À vrai dire, l’industrie des produits naturels est multi-milliardaire. Il y a des tonnes d’argent à faire, et ce, malgré une réglementation extrêmement déficiente.

Selon les infos que j’ai pu recueillir :

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C’est cher et pas accessible à tout le monde.

OK, on est loin des milliards de dollars récoltés par l’industrie… mais pour un thérapeute ou une clinique qui suit beaucoup de patients, il y a des dizaines ou même des centaines de milliers de dollars à faire chaque année.

(attention, je ne dis pas que le thérapeute ou la clinique administre la vitamine C dans le but de se faire de l’argent, mais simplement que oui, ça peut générer des profits significatifs)

 

 

 

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C’est ce que les États-Unis viennent de faire.

La loi « Right-to-try » (droit d’essayer), signée par Trump en mai 2018, permet aux patients en phase terminale d’avoir accès à tout traitement expérimental, peu importe son efficacité ou sa sûreté.

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À la base, ça peut sembler une bonne idée…

Mais ce qu’on oublie de mentionner, c’est que les patients en phase terminale, autant aux USA qu’au Canada, ont DÉJÀ un accès spécial aux traitements expérimentaux. Mais seulement ceux qui semblent fonctionner.

Quand ils ont recours au “right-to-try” par contre, ils deviennent essentiellement des cobayes pour des thérapies non supportées scientifiquement et perdent leurs droits fondamentaux en cas de problème. Ils peuvent donc facilement devenir les victimes de charlatans prêts à leur vendre une thérapie miracle (ça a déjà commencé d’ailleurs). Et personne ne peut être tenu responsable.

Pour la protection du public et des malades, j’espère qu’on ne choisira pas cette voie au Canada.

 

 

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(désolé pour ce design de titre quétaine, c’était plus fort que moi)

Je comprends tout à fait ceux et celles qui s’attachent à cette cause, et tout ce qui entoure le cancer me tient moi-même énormément à cœur.

Mais en même temps, je réalise qu’en parlant de ce sujet de manière très cartésienne, en en faisant des blagues pour alléger le propos, je sonne probablement pour certaines personnes comme fermé d’esprit et sans-cœur.

Or, un des messages les plus importants que je tente de véhiculer avec Le Pharmachien, c’est qu’appliquer la démarche scientifique quand vient le temps de faire des choix de santé, c’est l’un des plus grands services qu’on peut se rendre collectivement, et rendre aux personnes vulnérables.
 
Ce que je trouve le plus dommage de toute cette histoire, c’est que beaucoup de gens resteront avec une impression d’injustice. Et oui, ça peut sembler injuste. Mais quand on choisit d’appuyer une cause, on a la responsabilité de s’assurer qu’on comprend bien les enjeux, pas seulement de retenir ce qui fait notre affaire ou non.
 
Si la vitamine C en injection avait réellement “fait ses preuves”, elles serait prescrite régulièrement en oncologie, car tout le monde (patients, médecins, industrie) serait gagnant.
 

Oui, ça se peut que certaines personnes en retirent des bienfaits (réels ou encore dus à l’effet placebo). Mais à ce jour, ça reste un traitement qui semble comporter des risques et dont les bienfaits sont incertains, et il est donc tout à fait normal qu’il soit peu ou pas utilisé en médecine pour le moment. C’est dans le meilleur intérêt des personnes atteintes de cancer.

 

P.S. J’ai fait une mini-enquête et il y a présentement un oncologue à Montréal qui prescrit des injections de vitamine C. Malgré tous mes efforts pour obtenir son nom, il souhaite rester anonyme… ce qui est vraiment étrange, considérant qu’il dit être à la tête d’un centre de recherche en oncologie (introuvable via Google) qui s’apprête à démarrer un essai clinique sur la vitamine C injectable. J’ai trouvé le numéro de téléphone du centre et j’ai parlé à sa coordonatrice, très gentille, qui m’a dit : “Je sais que vous croyez pas ben ben à ça, vous”. En fait, je n’aurai pas besoin d’y “croire” quand les résultats de l’essai clinique seront publiés et qu’on pourra les analyser. D’ici là, je pense qu’on doit rester sceptiques et prudents.

P.P.S. Une version précédente de cet article mentionnait le nom de la dépositaire de la pétition, avec qui j’ai eu la chance de discuter à quelques reprises et qui m’ai fourni plusieurs informations pour cet article; je disais d’ailleurs des bons mots à son sujet. Malheureusement, certains lecteurs/trices ont choisi de voir mon texte comme quelque chose de personnel envers elle, donc finalement j’ai décidé d’anonymiser le tout, avec son accord.

 

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5 mauvais conseils sur le SUCRE

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C’est ma troisième BD sur le sucre. Faut croire que j’aime le sujet !

La première parlait du faux sucre (édulcorants). L’autre parlait de l’effet (ou plutôt non-effet) du sucre sur le comportement des enfants.

Ce qui m’a motivé à en écrire une autre, c’est que je viens de terminer la lecture de l’excellent livre de la nutritionniste-diététiste Catherine Lefebvre, intitulé « Sucre : vérités et conséquences », que je te recommande fortement d’ailleurs.

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Je sais pas pourquoi, mais c’est un livre qui m’a mis en beau maudit. Contre l’industrie alimentaire, principalement.

J’ai donc combiné ma colère avec le fait que je déteste la mode actuelle des jus, ce qui a donné cette courte BD, composée dans le style minimaliste qui caractérisait ce que je faisais au début du site. Nostalgie en bonus.

Note : Évidemment, la BD ne couvre pas tout ce qu’il y aurait à dire sur le sucre; j’ai simplement sélectionné 5 points que je trouve particulièrement marquants. Pour tout le reste, lis le livre de Catherine !

 

5 mauvais conseils sur le sucre (titre)

 

Fais attention aux fruits c'est plein de sucre

Les jus donnent du sucre libre sous forme de fructose

 

 

Choisis bien ton sucre

Aucun sucre libre n'est vraiment meilleur qu'un autre

 

 

Fais juste couper le dessert

Le sucre ajouté dans les aliments transformés c'est du sucre caché

 

 

 

Le sucre ne cause pas le diabète 2

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C'est le gras qu'il faut couper

L'industrie du sucre

L'industrie du sucre (suite)

 

 

Conclusion food porn et limite de sucre par jour

 

Boissons sucrées en pharmacie

 

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Attention aux superpouvoirs des antibiotiques

Attention aux superpouvoirs des antibiotiques

Une des questions qu’on me pose le plus souvent est : trouves-tu qu’il se prescrit trop de médicaments ?

Et ma réponse est toujours la même : je trouve qu’il se prescrit trop de médicaments pour les mauvaises raisons et pas assez de médicaments pour les bonnes raisons.

Un des médicaments qu’on utilise beaucoup trop pour de mauvaises raisons, ce sont les antibiotiques. En fait, les antibiotiques sont tellement mal utilisés que c’est à se demander si quiconque a la moindre idée de ce à quoi ils devraient servir.

C’est pas juste moi qui le dis : toutes les autorités mondiales de la santé sont sur alerte rouge et décrivent la surutilisation des antibiotiques comme l’une des plus grandes menaces pour le futur de l’humanité. Si ça continue comme ça, plus aucun antibiotique ne sera efficace et la planète sera envahie par des bactéries résistantes, pratiquement invincibles aux traitements habituels.

… ouin, ça sonne vraiment négatif mon affaire. En fait, je me déprime moi-même.

Oublie tout ça. Je vais plutôt te raconter une histoire de superhéros vu que tout le monde trippe là-dessus en ce moment.

 

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Pour ceux et celles qui n’aiment pas les métaphores, voici quelques explications plates :

  • Les superpouvoirs, c’est les antibiotiques.
  • Les superhéros, c’est les médecins ou tout autre professionnel de la santé humaine ou animale qui utilise des antibiotiques.
  • Les mutants, c’est les bactéries.
  • Le mutant résistant, c’est une bactérie résistante aux antibiotiques. Par exemple, le SARM, certaines souches de gonorrhée et les entérobactéries résistantes aux carbapénèmes.
  • Les situations banales, comme le char qui part pas, c’est les virus qui causent des infections mineures (ex. sinusite, bronchite, otite).
  • La convention supernotariée, c’est les lignes directrices médicales et la littérature scientifique sur l’utilisation des antibiotiques.
  • Le Clan Bahamuth, c’est l’industrie pharmaceutique.
  • Quand Ifrit brûle le troupeau de vache pour tuer un mutant, c’est l’équivalent de l’utilisation de masse des antibiotiques à des fins de prévention de infections chez les animaux d’élevage. C’est l’une des plus grandes sources de résistance bactérienne et il faut que ça cesse au plus vite.
  • Toujours dans l’exemple d’Ifrit, c’est aussi l’équivalent d’utiliser un antibiotique à large spectre, qui tue plein de sortes de bactéries, alors qu’on pourrait en choisir un plus spécifique quand on sait de quelle bactérie il s’agit.
  • Quand Ramuh démolit la maison au cas où elle contiendrait un mutant, c’est l’équivalent d’un médecin qui prescrit un antibiotique pour une infection probablement causée par un virus, en se disant que c’est au cas où il y aurait une bactérie.
  • Certaines garderies/CPE refusent les enfants malades qui ne reçoivent pas de traitement antibiotique, même pour une conjonctivite. C’est n’importe quoi. Si tu as eu la confirmation que l’infection est virale, tiens tête à la garderie. Remarque par contre que certaines infections exigent de garder l’enfant à la maison (voir les références ci-dessous).
  • Tout comme dans le cas des superpouvoirs, les bactéries ne deviennent pas résistantes aux antibiotiques. Par le fruit du hasard, des bactéries résistantes apparaissent et l’utilisation abusive des antibiotiques leur laisse le champ libre pour proliférer.
  • Certaines bactéries résistantes ont la capacité de transférer leur matériel génétique à d’autres bactéries, ce qui les rend
    résistantes elles aussi.
  • Contrairement à la croyance populaire, les humains ne deviennent pas résistants aux antibiotiques à force d’y être exposés.
    Par contre, la prise d’antibiotiques peut favoriser le développement d’infections plus graves comme celle à C. Difficile.
  • Quand les antibiotiques ne sont pas donnés à des doses assez fortes, ça favorise le phénomène de résistance, car les bactéries les plus fortes arrivent à survivre.
  • La madame qui veut garder un mutant pour qu’il joue avec ses chats, c’est le patient qui prend l’antibiotique seulement à moitié, puis qui l’arrête parce qu’il se sent mieux. Ou encore, c’est le patient qui prend l’antibiotique de sa femme parce qu’il pense qu’il a la même infection qu’elle. Ce sont des habitudes à éviter à tout prix car elles favorisent le phénomène de résistance.
  • À noter que rien de tout ça ne s’applique à Wolverine vu qu’il a un système immunitaire invincible.

 

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Comment faire dire tout ce qu’on veut à une étude clinique

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As-tu l’impression que les études se contredisent constamment ?

Que des nouvelles études aux résultats extraordinaires font mystérieusement apparition aux 30 secondes ?

Qu’on peut toujours citer une étude qui va dans le sens de ce qu’on veut affirmer ?

Que les compagnies manipulent les résultats des recherches ?

Que des sites webs douteux ne citent que les conclusions des études qui font leur affaire ?

Si oui, tu n’as pas tort… et c’est très facile à faire d’ailleurs.

Voici comment faire dire tout ce que tu veux à une étude clinique.

P.S. Merci à mon ami Dany Plouffe pour m’avoir inspiré l’idée de cette BD.

 

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10 choses qui m’énervent à propos des produits naturels

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Si tu lis souvent mes BD, tu sais que je suis très critique du marketing des médicaments en vente libre et des pratiques douteuses de l’industrie pharmaceutique. Et que j’ai honte que les pharmacies vendent de l’homéopathie

Jusqu’à maintenant, j’ai publié plusieurs BD plutôt positives sur les produits naturels (dont les probiotiques et l’huile d’émeu) et d’autres plus critiques (comme les capsules de gélatine et les suppléments protéinés), mais je n’ai jamais parlé d’eux dans leur ensemble. Ben c’est là que ça se passe. 

Dans les produits de santé naturels (PSN), on retrouve entre autres les vitamines, les minéraux et les plantes médicinales. Plusieurs d’entre eux sont indispensables, par exemple le calcium et vitamine D pour la santé osseuse ou encore l’acide folique durant la grossesse. Il y en a aussi plusieurs que je recommande occasionnellement comme pharmacien; je pense entre autres au séné, à la mélatonine et au gingembre. 

Malheureusement, l’énorme marché des PSN est peu encadré, réglementé de façon inadéquate par le gouvernement et rempli d’affirmations pseudoscientifiques absurdes. En plus, c’est le paradis du marketing douteux (encore pire que celui des médicaments). 

Plus spécifiquement, voici 10 choses qui m’énervent à propos des produits naturels. 

Note 1 : Comme d’habitude, je ne nommerai aucun produit, marque ou fabricant spécifique.

Note 2 : Je parlerai très peu de produits homéopathiques dans cette BD, car ce ne sont PAS des produits naturels (à moins que tu considères que l’eau et le sucre se qualifient comme produits naturels). Mais ce n’est que partie remise.

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RÉPONSES AU QUIZ DES TABLETTES DE PHARMACIES

  • PSN : Travelan, Antistax, Cold-FX, MidNite, Helixia, Arnica, Genacol, Arthri-Flex
  • Homéopathie : sirops Hyland’s et Similasan

RÉFÉRENCES

 

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La plus grande erreur de l’industrie pharmaceutique

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Quand j’avais 19 ans, mon rêve était de joindre un jour l’industrie pharmaceutique. Je trippais sur l’idée d’inventer des médicaments et de changer le monde… un peu naïf le gars !

J’ai eu la chance de travailler dans l’industrie pendant 7 ans, dans des rôles parfois très scientifiques, parfois très « business ». J’ai même eu une courte expérience à titre de pire représentant pharmaceutique de l’histoire… je te raconterai ça un jour. Ces années ont été extrêmement enrichissantes pour moi.

Malheureusement, je dois avouer que mon opinion de l’industrie a beaucoup souffert au cours des dernières années. D’une part, j’admire ce que tentent de faire les compagnies… mais je suis constamment découragé par leurs décisions d’affaires discutables, leur manque de transparence et leur utilisation peu glorieuse des données scientifiques.

Je critique souvent le marketing pharmaceutique, mais aujourd’hui je tente le tout pour le tout : voici, à mon avis, la plus grande ERREUR qu’a commise l’industrie, ainsi qu’une modeste solution que je souhaite proposer. L’histoire que je raconte n’est pas réjouissante ou super humoristique, mais je tiens à la raconter quand même, car je crois sincèrement que l’industrie peut changer (pour le mieux).

Les problèmes que je relève ici ne sont pas reliés à des compagnies spécifiques, mais bien à l’ensemble de l’industrie. En effet, j’ai pu les observer dans toutes mes interactions avec cette dernière, autant par le passé que très récemment.

Bonne réflexion !

AVERTISSEMENT :

Ce que je présente ici s’inspire de la RÉALITÉ. Si tu as soif de théories de conspiration, de récits présentant l’industrie pharmaceutique comme un culte satanique ou de critiques vagues et aléatoires sans fondements, je t’avertis tout de suite : tu ne trouveras rien de tel dans cette bande dessinée. Je te suggère donc de sauter cette lecture et d’aller voir ailleurs si j’y suis.

industrie_pharmaceutique_01Les principes fondateurs de l'industrieL'erreur qui a changé l'industrieObjectifs de vente , études cliniques mal construites et produits peu innovateursPerception tordue de la réalité et marketing abusif à partir des données scientifiquesDes gens qui dépassent leurs compétences et la folie du bonus annuelLes conséquences de l'erreur sur l'industrieSolutionConclusion

 

RE-AVERTISSEMENT : Sérieusement, comme je l’ai dit plus haut, je n’ai aucune tolérance pour la critique gratuite, les fabulations et les gens qui parlent à travers leur chapeau. Ce n’est pas non plus le bon endroit pour les anecdotes du genre “L’industrie a assassiné ma belle-soeur”. C’est facile : il suffit d’être constructif !

 

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Mon débat intérieur sur la cigarette électronique

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Mettons quelque chose au clair dès le départ : je suis POUR la cigarette électronique.

… je viens probablement de m’épargner une centaine d’insultes et de menaces juste en disant ça !!!

Mais être « pour » ne veut pas dire que les arguments négatifs ou plus conservateurs sont mauvais pour autant. Être « pour » suppose aussi que l’on met en place un cadre pour réglementer sa fabrication et sa vente, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

D’une part, le gouvernement et les associations médicales préfèrent être prudents dans leurs recommandations avant que le marché de la e-cigarette soit réglementé… avec raison. D’autre part, les consommateurs perdent patience car rien ne se passe… et je les comprends.

Voici un résumé de mes idées et de mes questionnements par rapport à la e-cigarette. Ce n’est pas la meilleure façon de penser ou la seule possible… c’est uniquement celle qui persiste dans ma tête. Si tu songes à vapoter (oui, c’est comme ça que ça s’appelle), j’espère que ma réflexion t’aidera à amorcer la tienne.

Déclaration de conflits d’intérêt potentiels :

Je l’avoue, je n’ai jamais fumé de ma vie. Pas même pris une seule « puff ». Bref, peut-être que je me mêle de choses que je ne connais pas … Par contre, je ne souffre pas non plus des diverses maladies que j’aide à soigner chez les gens. Les adeptes de la vape ne seront peut-être pas d’accord avec ma position et ça me va. D’ailleurs, n’hésitez pas à me « challenger » dans les commentaires ci-dessous.

 

Introduction

Vraie cigarette vs électroniqueGestuelle , sensation , nicotineE-liquide , jeunesDébat intérieur

 

Conclusion

Voici 5 conseils si tu songes à te mettre à la vape :

  • Si tu ne fumes pas la cigarette, tiens-toi loin des e-liquides qui contiennent de la nicotine. Pourquoi risquer de devenir dépendant quand tu ne l’es pas en ce moment?
  • Attention à la provenance et à la qualité des e-liquides. N’achète jamais sur Internet, dans un dépanneur ou d’un gars qui en fabrique dans son sous-sol.
  • Si tu veux arrêter de fumer, pourquoi ne pas commencer par la base? Diminue ta consommation de cigarettes lentement, visite le site J’arrête, parles-en à ton médecin/pharmacien, essaie peut-être les timbres ou la gomme… ensuite tu pourras décider si tu as besoin d’autre chose.
  • Abstiens-toi de fumer la cigarette électronique pour suivre la mode. Après tout, c’est de cette façon que ça a commencé pour le tabac!
  • Évite d’assassiner le côté de ton cerveau qui reste prudent face à la cigarette électronique! Un peu de scepticisme n’a jamais tué personne (sauf Sir Bernardus).

 

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Comment rendre ton lait moins POISON

J’ai enfin trouvé le moyen de rendre le lait moins poison. Je t’explique :

Articles sur les dangers du lait sur InternetLes arguments contre le laitDétoxifier le lait avec du jus de citronLes bénéfices du lait vivant

Une note de l’auteur (moi) :

Si tu crois que les arguments soulevés dans cette bande dessinée sont un peu trop catégoriques / trop simples / ridicules et que tu doutes de leur validité … bravo! Tu devrais faire de même avec la majorité de ce que tu lis sur Internet.

Non, le lait n’est pas poison. Non, le citron ne peut pas guérir grand chose. Et non, “caillé” n’est pas un 5e état de la matière.

La seule raison pour laquelle j’ai créé cette BD est dans le but de fournir quelque chose de plus divertissant que tous les articles de propagande retrouvés sur le web à propos du lait. Honnêtement, il vaut mieux lire les conneries écrites ci-dessus que celles qu’on retrouve ailleurs, car au moins les miennes ne se prennent pas au sérieux

À considérer à propos du lait :

  • Le lait n’est pas mauvais pour la santé. Mais tu n’as pas «besoin» de boire du lait pour être en bonne santé. Les produits laitiers sont une excellente source de protéines, de calcium et de vitamine D, mais si tu arrives à trouver ces nutriments ailleurs, vas-y fort.
  • Le lait ne possède pas de propriétés positives, négatives ou ésotériquement magiques. C’est un aliment … et tu ne devrais pas choisir les aliments selon leurs prétendus bienfaits ou propriétés spéciales (car ils n’en ont pas).
  • Le lait ne rend pas les os plus faibles. Les études disent en fait que la consommation de lait ne suffit pas à prévenir les fractures, ce qui n’est pas du tout surprenant.
  • Non, il n’y a pas de pus, de sang ou de bactéries dans le lait … s’il est pasteurisé. En ce qui concerne les antibiotiques, l’industrie est (heureusement) sous une énorme pression publique pour cesser de les utiliser régulièrement chez le bétail.
  • 9-23% des Caucasiens sont intolérants au lactose, par rapport à 60 à 100% des Afro-Américains et des Asiatiques. On est donc très loins «l’épidémie» d’intolérance dont certaines personnes parlent; c’est surtout une question de génétique. Aussi, les personnes intolérantes au lactose peuvent quand même consommer des produits laitiers modérément.
  • Des études bien construites suggèrent que les personnes qui boivent beaucoup de lait ont un taux de mortalité plus élevé et un risque plus élevé de développer certains types de cancer. Mais ces études ne peuvent pas conclure que le lait est la cause; les gens qui boivent verre de plus peuvent avoir d’autres facteurs de risque, comme une consommation plus élevée de sucre ou de matières grasses. Les personnes qui consomment une quantité modérée de produits laitiers ne semblent pas affectées.

Tu peux aussi lire la réponse que j’ai adressée à une naturopathe à propos des “défaits du lait”

Au final, mon impression est que la panique anti-lait qui explose sur le web en ce moment vient des groupes d’activistes qui tentent de faire cesser l’exploitation des animaux d’élevage (avec raison).
 
Je suis 100% d’accord pour qu’on s’attarde davantage au traitement des vaches laitières, mais si pour cela il faut propager de fausses informations, démoniser le lait et me faire sentir coupable d’en boire… non merci.
 
P.S. J’ai enlevé le mot “végétalien” du texte, puisqu’un grand nombre de ces derniers se sont sentis visés quand j’ai parlé des “activistes”. Ce n’était pas le but.
 
P.P.S. Pour ce qui est du citron, des aliments supposément “acidifiants” et de l’équilibre acido-basique, c’est dans cette BD que ça se passe.
 
 

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