La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien

Si vous arrivez à la pharmacie avec une nouvelle ordonnance, il y a de bonnes chances que l’on vous pose la question suivante :

« Voulez-vous avoir un générique plutôt que l’original? »

Ou peut-être vous a-t-on donné immédiatement le générique sans même vous poser la question, ce qui est alors assez inquiétant.

La question de choisir le médicament original ou générique peut sembler simple, surtout lorsque le seul argument qui vous est fourni est que « le générique est beaucoup moins cher ».  Pourtant, peu de gens connaissent vraiment les différences qui existent entre les médicaments originaux et génériques.

Dans cette petite bande dessinée, je vous propose une perspective quelque peu différente de ce que vous entendez probablement à l’habitude. Mon objectif n’est pas d’être moralisateur, mais plutôt d’inviter les gens à s’informer et à faire un choix éclairé. Regardons donc ensemble la VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux.

Vous trouverez plus bas la version PDF de cette bande dessinée pour ceux qui aimeraient l’imprimer et/ou la sauvegarder sur leur ordinateur. 

 

Déclaration de conflits d’intérêts potentiels (cool, j’ai toujours rêvé de dire ça!)

Au moment de la rédaction de cette bande dessinée, je travaillais à la fois comme pharmacien communautaire et dans l’industrie pharmaceutique. Certains diront que je suis « biaisé » pour cette raison.

À cela, je répondrai que mon double rôle est JUSTEMENT ce qui me permet de ne pas être biaisé. J’ai la rare chance de connaître vraiment les deux côtés de la médaille et c’est précisément pour cette raison que je souhaite aborder le sujet.

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien

 

slide2

 

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : ingrédients inactifs peuvent varier

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : prix et assurancesLa VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien: transition

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : danger si la marque change à tous les mois

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : attitude des pharmaciens et assistantes techniques en pharmacie

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : coupures dans le pharmaceutique, fermeture de centres de recherche, investissements en recherche, Canadiens paient plus cher qu'aux États-Unis

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : pas de remboursement par les assurances et le gouvernement, pas de nouveaux médicaments innovateurs

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : ce que vous pouvez y faire, professionnels de la santé et gouvernement

La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : ce que vous pouvez y faire, ensemble de la populationLa VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : la fin

* Source : Rapport du UBC Centre for Health Services and Policy Research, Sept. 2012 (http://www.chspr.ubc.ca/sites/default/files/publication_files/chspr_wp_law_generic_pricing.pdf)

 The REAL difference between brand name and generic drugs - Le Pharmachien : Click here to read the English version of this post

 

 La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux - Le Pharmachien : partage

Comme toujours, si vous avez aimé cette B.D., faites-la circuler, faites-moi vos commentaires ci-dessous ou sur Facebook et invitez vos amis à visiter le blog Le Pharmachien!

Aimer la page Facebook du Pharmachien

 

Partager cet article

 

Si tu as aimé cet article, le Pharmachien te suggère également :

80 Responses to La VRAIE différence entre les médicaments génériques et originaux

  1. Enfin, quelqu’un qui est capable de partager une vision juste de la réalité dans ce domaine!!! Malheureusement, trop peu de gens ne sont au courant… L’industrie du générique a une place, mais il faut convenir qu’en contre-partie, il y a un prix à payer: médicaments qui auraient pu aider beaucoup de gens, mais qui ne seront jamais commercialisés, perte d’emplois de qualité dans les compagnies novatrices, projets de recherche qui ne seront pas complétés, etc. Ça aussi, il faut y penser!

    • Merci pour ton commentaire! C’est en effet un point de vue qui est rarement visité… Le sujet des médicaments génériques est au centre de nombreux débats, mais il me semble que les opinions prononcées sont toujours dans les extrêmes, soit blanc ou soit noir mais jamais en tenant compte des deux côtés de la médaille. Je suis bien content de voir que tu partages cette position!

  2. Bonjour tout le monde!

    Je viens de remarquer il y a 5 minutes que j’avais fait une faute d’orthographe dans le TITRE de ma B.D. (“la” vs “les” médicaments)! En tant que maniqaue de la grammaire, je sais que c’est une vraie honte. Mais plutôt que de m’apitoyer sur mon sort, j’ai fait la correction dans la B.D. et le PDF.

    P.S. Un grand MERCI à tous pour votre intérêt et pour avoir parlé du blog à vos amis! Cette modeste B.D. a franchi ce matin le cap des 2000 visites en moins de 2 jours et ça continue!!!

    Olivier

  3. Cette bande dessinee a bien du sens. J’espere que la population realisera un jour que se procurer le medicament original est un geste qui contribue a financer la recherche pharmaceutique. Par contre en ce qui concerne la sauvergarde des centres de recherche du Canada (ou la majorite d’entre-eux se trouvaient a Mtl) il est deja peut-etre trop tard …

    Anick. Ex-employee de Merck Frosst

    • Merci pour ton commentaire! Je crains moi aussi qu’il ne soit malheureusement trop tard côté recherche au Canada, d’autant plus que le dernier grand centre de recherche pharmaceutique de Montréal fermera ses portes au début 2013. Il faut donc se rabattre sur les deux autres arguments présentés dans la B.D., soit:
      1) éviter les changements fréquents de générique qui peuvent altérer l’effet des médicaments; et
      2) réaliser que demander le médicament original contribue à préserver l’innovation dans les produits pharmaceutiques.
      Bref, beaucoup de sensibilisation à faire!!!

  4. Bonjour,
    J’ai entendu que les compagnies qui commercialise le médicament original commercialise aussi le médicament générique sous le nom d’une autre compagnie.
    Avez-vous des commentaires?

    • En effet, c’est ce que l’on appelle les “ultra-génériques”. Cette pratique peut prendre plusieurs formes, par exemple:
      - une compagnie innovatrice fournit volontairement la méthode de fabrication de son produit à une entreprise de médicaments génériques en échange d’un partenariat;
      - une compagnie innovatrice fabrique elle-même le médicament générique pour l’entreprise de médicaments génériques afin de conserver une partie des profits générés;
      - une compagnie innovatrice fonde sa propre division de médicaments génériques.

      Ces pratiques sont de plus en plus fréquentes, probablement pour les raisons mentionnées dans ma bande dessinée, c’est-à-dire qu’il est de plus en plus difficile de mettre en marché de nouveaux médicaments innovateurs, d’obtenir le remboursement par les assureurs publics/privés et de récupérer les investissements initiaux faits en recherche et développement. Toutefois, ce ne sont pas toutes les compagnies innovatrices qui choisissent de faire des “ultra-génériques”.

      Personnellement, je trouve cela un peu triste. Ces pratiques ne vont certainement pas améliorer l’image de l’industrie pharmaceutique, qui a eu la vie particulièrement difficile au cours des dernières années. Cependant, je crois que c’est surtout un reflet de la réalité actuelle du système de santé: besoin d’en faire toujours plus, avec moins d’argent.

      Merci pour cette excellente question qui est tout à fait à propos!

  5. Question! Est-ce vrai que les compagnies pharma investissent autant en pub qu’en recherche et développement? J’ai instinctivement de la difficulté à trouver que l’industrie pharmaceutique fait pitié… Si ailleurs comme ici la pub était interdite pour les médicaments PR, ils pourraient dégager des milliards pour la recherche non?

    Deuxièmement, je trouverais ça un peu lourd d’expliquer les enjeux sociaux/commerciaux/idéologiques/économiques à chaque patient…

    Merci!

    • Merci beaucoup pour ces questions bien réfléchies et fort pertinentes!

      Je ne crois pas que l’industrie pharmaceutique devrait être prise en pitié. Ce n’est pas une industrie parfaite; elle s’est beaucoup améliorée dans les dernières années et il reste du travail à faire. Cependant, l’époque où les compagnies pharmaceutiques faisaient des tonnes de profits est révolue. De nos jours, plusieurs produits pharmaceutiques font tout juste assez d’argent pour être “rentables”. Les produits ‘blockbusters’ qui vont chercher de grandes parts de marché se font désormais très rares.

      Sans être un spécialiste à ce niveau, je ne crois pas du tout que les compagnies innovatrices investissent autant en pub qu’en recherche. Du moins, ce n’est certainement pas le cas de la majorité des entreprises. Le développement d’un médicament innovateur coûte environ 1.3 milliards de dollars et prend environ 10 à 12 ans. Si on tient compte de tous les produits dont le développement doit être abandonné en cours de route (i.e. avant même que la commercialisation ait eu lieu), on peut s’imaginer que les investissements sont énormes et très difficiles à récupérer.

      Enfin, je suis d’accord que ce n’est pas réaliste d’expliquer tous les enjeux socio-énoconomiques des médicaments génériques à chaque patient. Cependant, je crois qu’il faut s’éloigner de l’approche simpliste de “C’est 100% pareil et ça coûte moins cher”. Certaines personnes ne s’intéressent pas au fond de l’histoire et veulent tout simplement payer moins cher: c’est correct et je respecte ça. Mais d’autres personnes veulent savoir les vraies choses. Dans ma pratique personnelle, je tente à ma façon d’exposer les pour et les contre. Le prix est évidemment un facteur important, mais l’un des autres points que je tente d’expliquer à chaque patient lorsqu’il est question de passer à un générique est le suivant:

      “Lorsque vous recevez le générique plutôt que l’original, nous ne pourrons pas garantir que vous recevrez la même marque à chaque mois. Nous devrons utiliser la marque qui est disponible.”

      C’est un constat triste mais c’est la réalité. La personne doit accepter le fait qu’elle recevra le générique disponible sur les tablettes et/ou celui qui n’est pas en rupture de stocks. Ce point est rarement mentionné en pharmacie alors que c’est à mon avis l’un des plus importants.

      Merci encore pour tes excellents commentaires qui, comme tu vois, m’ont inspiré!!!

      • AND THEN HE SAID “Ce n’est pas une industrie parfaite; elle s’est beaucoup améliorée dans les dernières années”….

        Je ne sais pas sur quelle planète tu vis, mais je peux te GARANTIR que l’industrie pharma est en ce moment à son plus bas (beau hasard, d’ailleurs, qu’une dame ayant perdu son emploi chez Merck ait écrit juste au-dessus). Je te parle ici en tant que chimiste et biochimiste: les emplois sont de plus en plus rares, l’industrie se délocalise, les Amériques perdent le monopole. Quand même boehringer ingelheim ferme ses portes… Essaies de t’informer avant d’écrire des faussetés aux gens qui croient fermement à tes propos. Ta BD n’est pas fausse, mais je trouve absolument arrogant d’imposer au consommateur la culpabilité du financement de recherche quand nos deux paliers de gouvernement ont procédé à des coupures historiques depuis un an et demi (FQRNT, CRSNG). Bref, ce n’est pas votre 20$ de plus qui va sauver le monde de la recherche et du développement.

        p.s. Honnêtement, pourquoi le stéréotype bidon du garagiste qui a droit de payer moins cher pour la même molécule dans un excipient différent et moins onéreux et que les autres “plus riches” doivent se botter le derrière pour financer une industrie que leur propre pays laisse pour morte? Ça frôle l’insulte, l’incompréhension et la désinformation.

        • Salut Marco, alias Mr. “Full-Sourire” (ce qui n’est pas évident à imaginer à la lecture de ton commentaire),

          Merci pour ton commentaire qui, exigeant de moi une réponse bien étoffée, démarre ma journée en force!

          Je vais me répéter: Ce n’est pas une industrie parfaite, mais elle s’est beaucoup améliorée dans les dernières années. Je dois toutefois préciser le contexte de cette affirmation, ce que – je constate avec déception – tu as omis de faire: je répondais à un lecteur au sujet du marketing et de la publicité. Or, je maintiens ma position: l’éthique et les pratiques commerciales des compagnies pharmaceutiques s’est énormément améliorée au cours de la dernière décennie.

          Mais ce n’est pas le point que tu voulais soulever, n’est-ce pas? L’industrie vit en effet les moments les plus sombres de son histoire. Je suis également d’accord avec toi sur la délocalisation et les coupures, mais tu mélanges deux aspects complètement différents: les coupures gouvernementales et les coupures dans le privé. Les coupures en recherche dans le secteur public sont dramatiques et m’inquiètent beaucoup; j’en ai d’ailleurs parlé dans une BD (http://www.lepharmachien.com/recherche/). Mais cela est COMPLÈTEMENT différent des coupures dans le privé. Ce n’est pas le gouvernement qui finance le recherche dans l’industrie: c’est l’industrie elle-même qui se finance avec les profits réalisés par la vente de ses médicaments. Si les médicaments n’ont pas de succès ou qu’il y a trop d’obstacles à la mise en marché, cela fait moins d’argent à réinvestir en recherche. J’aurais pensé que tu comprenais cette différence vu ton background scientifique.

          La culpabilité du financement de la recherche DANS LE PRIVÉ appartient à tous les acteurs impliqués: l’industrie, le gouvernement et le consommateur. L’industrie a un modèle d’affaires révolu qui doit changer. Le gouvernement ne peut continuer à mettre constamment des bâtons dans les roues de l’industrie innovatrice. Le consommateur doit prendre conscience du poids de ses décisions dans le choix d’un médicament.

          Mon exemple du garagiste dans la BD est un stéréotype, mais demeure vrai. On ne peut exiger des moins fortunés qu’ils appuient l’industrie innovatrice en exigeant les médicaments originaux; ils en ont déjà assez sur les bras. Mais quand j’entends un client qui a une super assurance privée demander le générique pour sauver quelques malheureux dollars par mois… ça, c’est de l’arrogance.

          Pour ce qui est de m’informer avant de dire des faussetés… Je suis pharmacien d’officine depuis 9 ans et j’ai travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant 7 ans jusqu’à tout récemment. Si ces qualifications ne me permettent pas de me prononcer sur l’industrie du médicament au sens large, je me demande qui pourra le faire.

          J’en viens à ton dernier point. Je trouve bien amusant quand tu me dis que je ne comprend pas bien la situation, car à la lecture de ton commentaire on s’aperçoit que les rôles sont inversés. On récapitule: tu m’insultes, tu ne différencies visiblement pas bien les enjeux et tu dis que je fais de la… désinformation? Intéressant!

          Ah oui, et je vis sur la planète Terre.

          AND THEN I SAID: Bye.

          Olivier

          P.S. Tu ne devrais pas t’énerver autant, tu vas devoir prendre des anxiolytiques génériques!!!

  6. Ce blogue est une excellente idée !

    Par contre, j’ai une question. Si les médicaments génériques contiennent la même dose d’ingrédients actifs et sensiblement les mêmes quantités d’ingrédients inactifs, en quoi est-ce que le fait de recevoir un médicament différent à chaque mois est-il problématique ? Normalement, ce ne devrait être que le nom qui change sur l’étiquette et, marginalement, quelques ingrédients inactifs, n’est-ce pas ?

    Merci d’éclaircir ce domaine de la santé !

    • Allo Simon!

      Voici l’explication (j’inclus le maximum d’information tout en gardant cela le plus simple possible!):

      Santé Canada accepte que la quantité d’ingrédient actif dans un produit générique varie de 80 à 125% du produit original; c’est ce que l’on appelle la “bioéquivalence”. Si une personne reçoit le même générique à chaque mois, il n’y a aucun problème.

      Si un générique différent est donné à chaque mois (ce qui est la norme au Canada), la dose reçue varie à chaque fois. Pour certains médicaments qui exercent leur effet à long-terme (ex. ceux qui abaissent le cholestérol) ou dont l’efficacité ne dépend pas directement de la dose reçue (ex. ceux pour diminuer l’acidité gastrique), encore là il n’y a aucun problème.

      Cependant, plusieurs médicaments ont une efficacité qui dépend directement de la concentration de l’agent actif dans le sang, et par conséquent de la dose utilisée; c’est ce qu’on appelle l’effet “dose-réponse”. Parmi ces derniers, on compte entre autres la majorité des médicaments utilisés en psychiatrie et une panoplie de médicaments cardiovasculaires (pour la pression, les arythmies, le diabète, pour éclaircir le sang, etc.). Avec ces médicaments, même de petites variations au niveau de la dose peuvent avoir un impact important sur leur efficacité mais aussi sur leurs effets indésirables.

      C’est bien beau en théorie, mais ces variations sont-elles significatives dans la vraie vie? Plusieurs médecins diront que OUI, car ils voient l’impact de ces variations à chaque jour. Des personnes dont la condition médicale était autrefois stabilisée voient soudainement leur état se détériorer. Une pression artérielle ou un diabète bien contrôlé devient mystérieusement instable. De nouveaux effets indésirables font leur apparition. Encore une fois, ce ne sont pas tous les médicaments qui sont sujets à de tels phénomènes, mais pour ceux qui le sont, c’est un réel problème.

      J’ai parfois carrément refusé de substituer certains médicaments pour un générique dans le but d’éviter de tels changements. Je pense entre autres au Coumadin (warfarine, pour éclaircir le sang), au Lanoxin (digoxine, pour traiter l’insuffisance cardiaque) et plusieurs médicaments en psychiatrie (lithium, régulateurs de l’humeur, antipsychotiques, etc.).

      Il y a plusieurs autres problèmes associés aux génériques mais qui sont d’ordre plus technique, alors je t’épargne cette partie. Tout ce que j’espère, c’est que l’Ordre des Pharmaciens prendra position à cet effet un jour.

      Voilà, j’espère que cela répond bien à ta question! N’hésite pas à demander si tu aimerais avoir d’autres précisions.

      MERCI d’avoir visité mon blog et pour ta demande très pertinente!

  7. Quid de la différence de marge du pharmacien entre un médicament générique ou pas ?

    Re-quid de l’existence des médicaments génériques permettant de soigner en masse dans les pays “pauvres”, ces pays où les industries pharmaceutiques attaquent quiconque reproduit les médicaments non accessible autrement par les populations (et donc, amenant à leur mort) ?

    Concernant le fait d’avoir un médicament différent tous les mois, quelle est la proportion de traitements de ce type par rapport aux génériques fournis de manière occasionnelle ? De plus, pourquoi “un par mois” ? (la fréquence est-elle définie aléatoirement juste à titre d’exemple ou s’appuie-t-elle sur des éléments concrets ?)

    Merci d’avance pour les réponses !

    • (Je dois avouer que j’ai dû chercher ce que voulait dire “Quid”: Qu’en est-il de…)

      1) Marges: J’ai l’intention de publier bientôt un article sur le prix des médicaments en pharmacie, alors ceci sera discuté en détails. Mais très brièvement, je peux te dire que la marge de profits est généralement égale ou supérieure pour un médicament générique. Il y a d’autres facteurs à considérer, que j’expliquerai dans mon article à venir.

      2) Pays pauvres: C’est évidemment un cas très différent que ce que je décris dans mon article. Pour être honnête, je suis très peu au courant de la question, mais d’emblée je serais porté à dire que donner davantage d’accès aux médicaments dans les pays en voie de développement est une nécessité et que les médicaments génériques sont certainement indispensables dans cette situation.

      3) Traitement différent à tous les mois: Je ne suis pas certain de bien saisir ta question, mais si tu souhaites savoir dans quelle proportion on remet un médicament générique sans se soucier de la marque précise, je te dirais 99.99% des cas. Le 0.01%, c’est lorsque le client demande de recevoir une marque de générique spécifique, ce qui encore là n’est pas toujours possible, car il faut l’avoir en stock. Aussi, ce n’est pas nécessairement “un renouvellement par mois”, mais en général au Canada on ne donne aux clients que les médicaments pour 30 jours à la fois.

      Merci pour ces excellentes questions! J’espère que mes réponses rendent le tout plus clair, sinon fais-moi signe.

      Olivier

      • Merci pour les réponses, c’est effectivement plus clair même si j’attends avec impatience l’article sur les prix des médicaments :)

        Pour le point 3, je ne connaissais pas ce système où l’on donne les médicaments pour 30 jours (je suis en France !), d’où ma question qui peut effectivement vous sembler hors propos !

  8. J’ai été chimiste pendant 7 ans dans les cies pharmaceutiques à faire de la recherche de nouveaux médicaments. J’ai malheureusement perdu mon emploi comme beaucoup de scientifiques au Québec…la situation est dramatique…..puisque personne n’engage (car les cies pharmaceutiques essaient de GARDER leurs employés…alors elles sont loin d’être sur le point d’engager)…..alors je suis retournée à l’école en pharmacie avec beaucoup de volonté!!!

    Je vous avoue que j’ai de la misère à encourager le générique car j’ai vu TOUT le travail de dur labeur et de patience que les scientifiques ont à faire pour trouver LA molécule….et ça coûte des millions et des millions pour mettre une molécule sur la marché. Ça coûte en moyenne 800 millions pour mettre une molécule sur le marché, car il y a une panoplie d’études cliniques à faire sans oublier toute la phase recherche avant qui est très coûteuse….tout ça est échelonné sur une période de 14 ans en moyenne…et au bout de le ligne il y a moins de 10% des chances que la molécule soit sur le marché en raison des effets secondaires possibles qui tue le projet.

    Alors nous devons être conscientisé qu’il ne faut pas oublier les cies innovatrices qui ont mis de l’argent et travaillé très très fort pour découvrir un médicament.

    Je suis inquiète pour les étudiants qui viennent de faire un bacc en chimie, biologie, biochimie, la situation du marché du travail en science n’est pas rose du tout.
    Après avoir fait un bacc et une maîtrise en chimie…je n’aurais jamais pensé retourner aux études….

    • Allo Valérie,

      Merci BEAUCOUP pour ton commentaire. Tu relèves de nombreux points super importants dont malheureusement peu de gens sont conscients. Tu as pu voir dans mes réponses aux commentaires ci-dessus (et dans ma B.D.) que je suis du même avis que toi.

      À mon humble avis, l’industrie pharmaceutique n’a jamais été dans une situation aussi critique que présentement. Le marché est rempli de candidats avec des qualifications et une expérience impressionantes, mais qui ont perdu leur emploi à cause des coupures et qui n’arrivent pas à en trouver un autre. Je suis moi aussi inquiet pour les étudiants en sciences qui aspirent à intégrer l’industrie… et je ne pense pas que je leur conseillerais de le faire en ce moment. Ton histoire est un parfait exemple de la triste situation que nous vivons depuis quelques années. Je te félicite pour tous tes efforts!

      Le modèle d’affaires des entreprises pharmaceutiques innovatrices doit changer. Il est désuet et ne permet plus de résister aux génériques qui ont de plus en plus de de pouvoir. Les emplois sont coupés au Canada et ne sont pas remplacés car la main-d’oeuvre outre-mer est plus avantageuse. De plus la réputation de l’industrie s’est très peu améliorée, dû entre autres à un focus trop important sur la vente aggressive. Les génériques sont indispensables pour la société… mais les médicaments innovateurs aussi. Il va devoir se passer quelque chose de majeur dans les prochaines années si on veut espérer avoir accès à de nouveaux médicaments.

      Merci d’avoir partagé ton expérience Valérie! Je te souhaite tout ce qu’il y a de meilleur dans ta nouvelle carrière.

      Olivier

  9. Merci pour votre avis. Je suis étudiante en pharmacie en Suisse, et ce n’est pas toujours facile de ne pas prendre les industriels pour les “méchants”. Nous avons de la chance d’être formés selon des principes très éthiques, et malheureusement les choix de stratégie commerciale de certaines industries les desservent régulièrement.
    Malheureusement également, ces industries restent des entreprises, qui ont besoin d’un retour sur investissement pour pouvoir réinvestir dans de nouveaux projets. D’où certaines stratégies parfois douteuses…
    Heureusement qu’il y a encore un peu de place pour la recherche académique, qui, sans nécessairement s’opposer à la recherche industrielle, la complète sans doute pour les projets moins rentables.

    Ces problématiques sont difficiles, on touche à la sensibilité de chaque personne en lui parlant de comment sa santé est rentabilisée. On n’arrivera jamais à un monde de bisounours où les recherches non rentables seront gratuites, malheureusement.

    Désolée pour ce commentaire un peu décousu, mais j’ai beaucoup apprécié d’avoir votre avis sur la question, c’est toujours agréable d’avoir un peu de perspective dans ces grandes batailles où se mêlent idéologie et argent :)

  10. Euh, à la relecture, mon commentaire parait vraiment très négatif sur l’industrie, alors que ma pensée ne l’est pas autant! Désolée!

    • Bonjour Camille,

      Ton commentaire n’apparaît pas du tout négatif! D’ailleurs, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis.

      L’industrie pharmaceutique innovatrice a fait beaucoup d’excès et a pris de bien mauvaises décisions par le passé. Le résultat a été une baisse dramatique de confiance auprès du public, qui était à mon avis méritée. De nos jours, l’éthique professionnelle de l’industrie s’est énormément améliorée et elle regagne tranquillement ses lettres de noblesse.

      De son côté, l’industrie des médicaments génériques a présentement la faveur populaire, mais les gens commencent tranquillement à réaliser l’impact résultant sur l’innovation et le financement de la recherche.

      Lorsqu’il est question de santé, bien des gens pensent que la “business” n’a pas sa place. Malheureusement, ce n’est pas réaliste. D’ailleurs, certains systèmes de la santé (au Canada par exemple) auraient intérêt à s’inspirer davantage du monde des affaires.

      Merci beaucoup pour ton commentaire! C’est vraiment intéressant d’avoir la perspective de (futurs) pharmaciens d’autres pays!

      Olivier

  11. Je suis peut-être dans l’erreur, mais je croyais que l’explication de bioéquivalence comme étant 80-125% du principe actif était fausse. J’avais lu un article (publié par l’Hôpital d’Ottawa de mémoire) qui expliquait que c’est plutôt l’air sous la courbe de la concentration sanguine en fonction du temps qui doit être comprise entre 80 et 125%. Il était aussi question d’intervalle de confiance (ça me rappelle l’université!). Bref, c’est très technique et moi-même je ne suis pas sûr de complètement m’y retrouver, mais ça montre que la bioéquivalence est plus complexe que de simplement dire que pour un médicament qui devrait avoir 100mg de principe actif, Santé Canada tolère que le générique contiennent de 80 à 125 mg du même principe actif.

    • Salut Vincent,

      Très juste! La bioéquivalence selon Santé Canada stipule que l’intervalle de confiance à 90% du ratio générique/original pour la concentration plasmatique maximale (Cmax) et pour l’aire sous la courbe (AUC) doit se situer entre 0.8 et 1.25. La bioéquivalence est donc relative aux concentrations sanguines produites par le médicament, et non pas à la dose retrouvée dans chaque comprimé (en milligrammes). De la même façon, il serait faux d’affirmer que les concentrations sanguines entre un générique et l’original peuvent varier de 45%.

      Malheureusement, 99.9% de la population (avec un intervalle de confiance de 95%…) n’a absolument aucune espèce d’idée de ce qu’est un Cmax, une aire sous la courbe ou une intervalle de confiance. J’ai donc simplifié la chose au maximum.

      Mais la VRAIE raison pour laquelle j’ai écrit la phrase intentionnellement de cette façon est que c’est l’argument le plus souvent avancé par les détracteurs de l’industrie générique. Or, cet argument est simpliste et surtout ridicule. Comme tu as pu le constater, je ne vois pas cette marge d’erreur potentielle comme un problème en tant que tel. Le réel problème est que les patients sont “switchés” constamment d’une marque à une autre, ce qui perturbe la pharmacocinétique et, dans le cas des médicaments à index thérapeutique étroit ou qui dépendent fortement des concentrations plasmatiques cibles, peut nuire à l’efficacité. Mais tu es pharmacien je crois, alors tu sais déjà tout ça… ;)

      Je suis bien d’accord pour que l’on critique l’industrie générique (ce que je fais moi-même souvent), mais on doit le faire de la bonne façon. Quand j’entend l’argument du “80 à 125%”, ça me décourage. Regardons plutôt l’impact de l’industrie générique sur l’innovation, la propriété intellectuelle et la recherche, car c’est là que se situe le vrai problème.

      Merci beaucoup pour ton commentaire! J’ai dû sortir mes gros canons pour bien t’expliquer ces concepts, mais comme tu semblais vouloir l’explication complète et détaillée, je ne me suis pas gêné!!!

  12. Ce n’est pas parce que 3-4 clients (j’exagère pour montrer mon point) choisissent l’original plutôt que le générique que ça va sauver l’industrie pharmaceutique. L’industrie du générique est la pour rester. Le problème pour les pharmaceutiques, c’est au niveau de la protection des brevets. Mon point de vue personnel serait de favoriser les génériques, et utiliser l’argent économisé par les régimes d’assurance public pour investir en recherche universitaire.

    • Salut Yann,

      Merci pour ton commentaire! Ton idée est excellente et je voterais “POUR” demain matin.

      Malheureusement, malgré tout la bonne volonté du monde, c’est utopique. “Favoriser les génériques”, c’est déjà ce que le gouvernement fait depuis plusieurs années. L’abolition de la loi des 15 ans en janvier 2013 est la plus récente d’une série de décisions prises à travers le Canada et qui ont pour but de prioriser l’utilisation des génériques et de minimiser les dépenses en santé. La même tendance est observée chez les assureurs privés, qui adoptent de plus en plus des régimes qui remboursent uniquement les médicaments couverts par les formulaires provinciaux. Bref, l’industrie du générique est non seulement là pour rester, mais elle a le gros bout du bâton et le champ libre pour les années à venir.

      Comme je l’ai mentionné dans mes réponses à des commentaires précédents, le modèle d’affaires actuel des compagnies pharmaceutiques innovatrices est désuet et voué à l’échec. Nous sommes donc d’accord toi et moi sur ce point. La protection des brevets au Canada est l’une des pires au monde et elle n’est pas près de changer, alors il faudra trouver de nouvelles façon d’innover. Heureusement, les compagnies changent progressivement leur approche en investissant dans la société et des les oeuvres charitables, de même que dans la formation continue de nature non-promotionnelle. C’est tout en l’honneur de l’industrie innovatrice.

      Mais d’ici à ce que des changements plus importants aient lieu au sein de ces entreprises, je suis persuadé que OUI, ce sont 3-4 clients qui vont faire la différence. Sensibiliser le public, c’est difficile et ça prend du temps. Pour ma part, je suis persuadé que changer les attitudes face aux médicaments originaux et informer les gens de ce qu’ils sacrifient en choisissant un générique est la meilleure chose à faire en ce moment. D’ailleurs, j’ai fait ma part avec cette bande dessinée.

      Enfin, je suis 100% d’accord avec toi qu’investir en recherche universitaire est une priorité, d’autant plus que les gouvernement du Québec vient de couper les budgets encore une fois à ce niveau. Note pour les intéressé(e)s: visitez http://www.jesuismichele.com.

      Merci encore Yann et à bientôt!

      Olivier

  13. Bonjour

    Merci pour cette infographie sympa ainsi que pour le message passé, celui d’inciter le lecteur à faire soit même sa balance entre les médicaments princeps et ceux génériques.

    Faisant suite aux commentaires et le positionnement du risque majeur sur l’avenir (“qui va faire la future recherche”), je rajouterais deux points à réflexion sur les risques majeurs dans le présent continu:
    1) les exigences sur les chaînes logistiques (fabrication/distribution) visiblement ne sont pas les mêmes, pour les médicament princeps étant beaucoup plus strictes ? Perso. je prend le respect des exigences comme gage de qualité et je me demande pourquoi n’y a t-il pas un re-équilibrage?

    2) pour plusieurs raisons, les personnes âgés prend l’habitude de connaître leur médicaments récurrents, soit par leur nom commercial (d’ailleurs ces noms sont très bien étudiés pour être simples et accrocheurs) soit par l’esthétique de l’emballage. Les médicaments princeps ne changent que très rarement ces “paramètres”. Or la variabilité de médicaments génériques, font que sur le terrain cette constance disparaît (de plus la philo de génériques est d’avoir en-gros lettres la marque et en petites lettres l’actif, nom d’actif qui, avouons-le, est assez rébarbatif).
    D’où le risque de la mauvaise prise de médicaments par une personne âge, or c’est une population assez consommatrice de médicaments.

    D’autres opinions sur ces “risques du présent” ?

    Merci beaucoup

    • Bonjour Florin,

      Tout d’abord, je suis on ne peut plus heureux de constater que tu as parfaitement résumé le message-clé de mon article destiné au grand public: informez-vous davantage sur les différences entre les médicaments originaux et génériques afin de prendre une décision éclairée!

      Il y a plusieurs aspects relatifs au monde du générique que je n’ai pas soulevés dans ma bande dessinée, notamment ceux que tu mentionnes. Par rapport à ces derniers:

      1) Les exigences en matière de qualité sont souvent mentionnées dans le débat original/générique, mais à vrai dire elles sont essentiellement les mêmes. Les médicaments génériques doivent répondre aux mêmes normes réglementaires que les médicaments originaux. Ce n’est donc pas à ce niveau que le débat doit avoir lieu. Un problème plus important est la substitution perpétuelle d’une marque générique par une autre à chaque service au comptoir de la pharmacie, ce qui peut induire des variations dans l’efficacité des médicaments. J’ai expliqué le détail de ce phénomène dans ma réponse à un commentaire précédent.

      2) L’apparence est en effet un point important. Par le passé, les fabricants de génériques respectaient parfaitement l’apparence du médicament original. Malheureusement, ce n’est plus le cas de nos jours. Je pense entre autres à une marque de générique spécifique au Canada (je ne mentionnerai pas le nom) qui crée des comprimés tout à fait différents de l’apparence originale. Dans de tels cas, c’est un gros problème. L’emballage peut parfois aussi porter à confusion. Résultat: plus de chances d’erreurs à la pharmacie et peut-être même de la part du patient. Ce phénomène m’inquiète beaucoup et devrait, à mon avis, être dénoncé par les ordres professionnels.

      Merci beaucoup pour ton commentaire et pour avoir soulevé ces points importants!

      Olivier

  14. Brice Chevallier

    Bonjour,
    Chez nous, en France, la vente de génériques marche plutôt bien. Il faut dire que la part qui revient au pharmacien sur la vente d’un médicament est plus importante pour un générique que pour un original. On force un peu la vente de génériques, le pharmacien gagne plus, et notre si chère (dans les 2 sens du terme) sécurité sociale rembourse moins. CQFD

    • C’est tout à fait identique au Canada! L’utilisation des génériques est priorisée dans le but de diminuer les dépenses en santé. Mais de l’autre côté, on se retrouve avec de moins en moins de médicaments innovateurs intéressants. C’est dommage…
      Merci pour ton commentaire!

  15. heidie_p@hotmail.com

    Merci pour cette BD!
    MERCI!
    Je partage.
    Je suis médecin vétérinaire (donc potentiellement dans la catégorie de la cliente qui pense tout connaître en pharmacie hihi) et j’ai beaucoup de difficulté avec le pharmacien qui me dit que le générique est absolument pareil au produit de cie. J’ai des patients atteints de pathologies chroniques qui ont eu des débalancements importants suite à un changement de médication, dont un minou asthmatique qui, jusqu’alors bien contrôlé, est entré en crise plusieurs fois dans un semaine suivant un changement de pompe supposément équivalente.
    Merci pour le blogue en général. Je suis devenue une fan!
    Dre Pomerleau, Clinique Vétérinaire de Riviere-du-Loup

    • Allo Dre Pomerleau!

      Wow, des animaux qui réagissent négativement à la substitution générique, voilà qui est très intéressant! J’ajoute immédiatement cette histoire à ma banque d’anecdotes croustillantes!!!

      Oui, c’est bien dommage que plusieurs pharmaciens choisissent de se limiter à dire que “c’est exactement la même chose” sans mentionner d’autres conséquences importantes, notamment que la marque remise au client changera possiblement à chaque mois. Je ne crois pas que cela représente un problème pour tous les médicaments, mais dans certains cas cela ne fait aucun doute (exemples classiques: la warfarine et le lithium). Mon opinion est que nous avons le devoir d’être le plus transparents possible avec les clients. Même si les médicaments génériques répondent à un besoin tout à fait indispensable dans la société, cela ne veut pas dire pour autant qu’ils doivent être exempts de tout désavantage. Bref, il faut arrêter de faire l’autruche et dire les choses telles qu’elles sont.

      Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est sincèrement très apprécié!

      Olivier

      P.S. Fait intéressant, les clients “ti-joe connaissants” n’ont généralement aucune formation scientifique!

      P.P.S. Je garde ton nom en note en vue d’articles futurs reliés à la médecine vétérinaire!

  16. Merci pour ces informations. Je bénéficie d’une assurance collective, avec SSQ. J’ai reçu l’information dernièrement par mon syndicat que si j’ai une prescription pour un médicament et qu’il est offert en version générique, je dois prendre le générique afin que mon assurance le paye. C’est inquiétant, non?

    • Allo Annie-Claude!

      En effet, c’est la tendance actuelle chez les assureurs privés. Plusieurs assureurs basent désormais leur régime sur la liste provinciale des médicaments couverts par la RAMQ. On observe la même tendance partout au Canada.

      Ça m’inquiète moi aussi. Je comprends parfaitement que le gouvernement souhaite prioriser les génériques pour diminuer les coûts en santé de l’État, mais les travailleurs qui paient des assurances privées super dispendieuses devraient avoir une couverture exemplaire. Ce n’est malheureusement pas le cas. D’ici quelques années, je me demande bien qui pourra encore se payer les médicaments d’origine.

      Comme je le mentionne dans ma BD, ce n’est pas vraiment un problème d’ordre clinique, mais c’est un problème de société. S’il n’y a plus de mesures pour encourager les compagnies pharmaceutiques à produire des médicaments innovateurs, il ne faudra pas espérer que les traitements actuels s’améliorent.

      Merci BEAUCOUP pour ce commentaire très “allumé”!

      Olivier

  17. Bonsoir, vraiment intéressante votre BD, j’ai suivi le lien proposé par l’AFIS et j’espère que votre site aura du succès. Il y a un élément qui manque à mon avis dans ce que vous dites, que j’ai remarqué sur mes enfants en bas-age : Les génériques négligent souvent le goût et font vomir les petits (ce qui peut-être le cas pour les autres, mais moins souvent) . Ce n’est pas insurmontable mais il faudrait expliquer aux parents comment mieux les administrer. Perso, c’est la nounou qui me l’ a expliqué. Petites doses par pipettes, aux fond de la bouche, à geins, etc… Sinon, à quoi servent ces campagnes contre l’abus d’antibiotiques s’ils finissent par terre ?

    • Salut Gabriel,

      En effet, le goût peut varier grandement pour les suspensions d’antibiotiques. En théorie, le goût devrait être identique, mais c’est peu probable vu que les ingrédients non-médicinaux ne sont pas les mêmes dans les originaux et les génériques.

      Je dois dire cependant que plusieurs des originaux goûtent passablement mauvais à l’origine et font également vomir!

      Merci pour ton commentaire!

  18. Francis Loiseau

    Bonjour Olivier :)

    J’adore ton site, et trouve passionnant de voir quelqu’un à l’interface de la pharmacie et de l’industrie pharmaceutique donner l’heure juste sur autant de sujets. (Mes préférés… Les chances d’avoir des gars vs des filles, et le &*?$# marketing des produits contre le rhume qui sont en effet souvent les mêmes).

    En tant que chimiste très sceptique, mon bullshit-meter a monté un peu en lisant cet article, malgré les disclaimers et les opinions données. Les médicaments doivent pour être approuvés être bioéquivalent, oui, c’est vrai. Tout médicament ou la dose est considérée critique doit se soumettre à des normes encore plus resserrées (source. Santé Canada).

    Un autre point: Même en me mettant de ton coté, il reste donc que n’importe quel antibiotique pris en une seule prescription serait définitivement pas un problème avec les génériques :D.

    Dernière chose. Je suis POUR la recherche, c’est sur. Y’a beaucoup d’entraves à la recherche coté gouvernement, re-localisation des centres de recherches hors des Amériques, la mentalité un peu douteuse de certaines industries en Pharma. Par contre, je suis aussi POUR le fait qu’une découverte, c’est une découverte. T’as ton brevet, pour 20 ans +ou- des poussières dépendant tes extensions de brevet.

    À un moment faut que ça arrête par contre, et que ce soit donné à la population (l’Humanité avec un grand H). Tout brevet, droit d’auteur, de compositeur à un jour sa fin, c’est une contribution qu’on fait à la société, et puis (un jour ou l’autre) on passe a autre chose (ça devient dans le domaine du publique, +1 bonne action et altruisme). Si on peut sauver des millions (milliards?) de $$$ en utilisant plus de génériques, ce qui nous permet de réinvestir dans la recherche et le système de santé, et on est TOUS gagnant (Wouhou! utopique, mais pourquoi pas). C’est juste une question de trouver l’équilibre qui permet à la recherche de quand même avancer, et d’être assez profitable.

    Longue vie aux Génériques, mais au bon moment! Peut-être que 25 ou 30 ans de brevet serait mieux (?!).

    Oh well, je pense que j’m’auto contredit 3-4 fois. Je suis vraiment pogné à 50% pour, et 50% contre ton point de vue…

    Félicitation pour le site :D

    Frank The Bird.

    • Salut Frank the Bird!

      Tout d’abord, pardonne ma réponse tardive, mais j’ai tellement aimé ton commentaire que je voulais prendre tout le temps nécessaire pour bien y répondre. Aussi, tu m’as convaincu de faire un changement dans la BD.

      1. Changement dans la BD
      Tu es la 2e personne à me dire que tu n’es pas d’accord avec moi sur l’aspect bioéquivalence (voir la question de Vincent Vandal ci-dessus et ma réponse). Ça me surprend beaucoup, car mon argument est le même que le tien, c’est-à-dire: c’est inutile et ridicule de dévaloriser les génériques du point de vue de leur qualité ou de leur bioéquivalence. Les génériques sont de la même qualité que les originaux et les différences en termes de bioéquivalence sont, dans la majorité des cas, sans conséquences. Le commentaire du bonhomme avec une barbe grise était sarcastique… mais je réalise que cette subtilité n’était pas aussi claire que j’aurais voulu. J’ai donc changé le texte sur cette image pour que ce soit plus explicite. Je suis d’accord avec toi pour les antibiotiques et les autres médicaments en prise unique: l’impact de donner un générique est inexistant ou négligeable.

      2. Les brevets
      Tout à fait d’accord avec toi sur le point qu’un brevet ne peut durer éternellement. La durée doit être raisonnable afin de permettre une juste compétition sur le marché. Après tout, c’est la compétition qui stimule l’innovation.

      Le gros problème au Canada, c’est que la protection de brevets pour les médicaments est complètement injuste envers les entreprises innovatrices. À vrai dire, c’est l’une des pires protections de brevets au monde. Tu parles de la protection de 20 ans, mais la réalité est beaucoup plus complexe. Voici en bref comment ça se passe:

      - Le chimiste synthétise une molécule en laboratoire… BOUM, le chronomètre de 20 ans vient de démarrer au Canada;
      - La compagnie commence à faire des recherches pré-cliniques et cliniques sur la molécule, un processus qui prendra de 10 à 12 ans;
      - De toutes les molécules étudiées, 1 sur 10 000 se retrouvera sur le marché… l’argent investi pour tous les autres composés est parti en fumée;
      - Une fois sur le marché, les chances d’obtenir un remboursement provincial sont faibles, donc encore là il est fort possible que le produit ne soit pas profitable;
      - Dès le jour 1, les compagnies génériques mettent leur avocats sur le dossier afin de trouver comment ils pourraient “casser” le brevet avant son expiration et initient les procédures judiciaires;
      - Si le compagnie est chanceuse, elle aura 5 à 8 ans sur le marché et fera possiblement de bons profits, sans toutefois récupérer ses investissements énormes en recherche;
      - La loi des 15 ans (BAP-15) a été abolie au Québec au janvier 2013, donc une fois que le générique est sur le marché, les ventes de l’original tombent à zéro.

      Allonger la durée du brevet réglerait peut-être une partie du problème… mais pas tout. Comme tu peux constater, il y a une myriade d’obstacles qui font en sorte que mettre en marché un médicament innovateur est de moins en moins intéressant. Je dois dire cependant que les compagnies innovatrices sont également à blâmer; même si elles ont amélioré leur pratiques commerciales, elles sont comme “figées” dans l’ancien temps. Elles doivent absolument trouver de nouvelles façons de faire des affaires, mais malheureusement elles tournent en rond et sont plutôt inflexibles au changement.

      Donc longue vie aux génériques? Oui, car on a besoin de ces derniers. Mais ils faut commencer à se questionner sérieusement sur l’impact à long terme de toutes les lois qui sont adoptées pour encourager les médicaments génériques. Où sont les lois pour supporter les médicaments originaux? Ah oui, on est en train de les abolir.

      C’est pas mal ça que j’avais à dire sur le sujet! Merci BEAUCOUP pour ton commentaire, c’était vraiment dans le mille! C’est un sujet pour lequel on ne peut pas être 100% d’un côté ou de l’autre; comme tu vois, c’est la même chose pour moi.

      A+!

      Olivier

  19. Malheureusement, j’ai l’obligation de dire cette fameuse phrase: Le générique est la même chose que l’original, mais moins cher. C’est pourri. Mais mon employeur me l’exige. Durant mon traitement sous Effexor, j’ai reçu 6 génériques différents en 8 mois et ça a diminué l’efficacité. Il y a un avantage financier pour les pharmaciens propriétaires à pousser les génériques. L’Ativan 1mg et le lorazepam (générique propre à la bannière) sont exactement le même prix. Malgré tout, les patients se font dire que l’original est beaucoup plus cher. Terrible, non?

    • Allo A,

      Merci pour ce témoignage! L’exemple de la venlafaxine est parfait, car les professionnels de la santé savent pertinemment que ses génériques ne sont pas de bons substituts, mais ils continuent de les utiliser.

      Auparavant, les différences de prix n’étaient pas très importantes (les génériques étaient à 70% du prix de l’original en moyenne), mais avec les nouvelles réglementations, l’écart grandit à chaque année, ce qui fait que refuser le générique devient de plus en plus difficile pour les consommateurs. Je les comprend parfaitement d’accepter la substitution.

      Je dis moi aussi cette fameuse phrase régulièrement, soit parce que je n’ai pas de pouvoir de décision à ce niveau, soit parce que je dois me conformer. Cependant, je ne manque pas d’affirmer mes convictions dans tout autre contexte.

      Merci encore… ton commentaire me touche tout particulièrement et je l’apprécie sincèrement!

      Olivier

  20. À mon avis, les antidépresseurs devraient être considérés comme un médicament à index thérapeutique étroit tout comme les antiépileptiques.

  21. Moi, j’ai des assurances privées, mais si un générique d’un médicament est disponible, la compagnie ne rembourse que le générique et non l’original. Nous sommes donc obligés de prendre le générique pour obtenir un remboursement…

    • C’est de plus en plus fréquent en effet… Il existe même désormais des médicaments génériques réservés uniquement aux gens qui ont des assurances privées!!! C’est à n’y rien comprendre…

      Je ne blâme pas du tout les gens de choisir le générique s’ils n’ont pas d’assurance privée ou si leur régime ne couvre pas l’original. Les autres, cependant, les plus chanceux, devraient y réfléchir à deux fois et bien mesurer les conséquences de leur décision.

      Merci pour ton commentaire!

  22. Je viens de lire la BD et de passer à travers tous les commentaires. Je suis un peu sans voix.
    Vos propos:
    «Dès le jour 1, les compagnies génériques mettent leur avocats sur le dossier afin de trouver comment ils pourraient “casser” le brevet avant son expiration et initient les procédures judiciaires»
    Wow je sais pas qu’elle compagnie de générique a le budget pour travailler comme ça; c’est rédigé comme un film de suspense ou de mafia.

    Je crois qu’il est très facile de faire la critique d’une industrie (générique) très grande mais surtout très diversifiée (oncologique, comprimés, injectables, injectables en suspension, etc.) Les normes exigées par les agences régrlementaire sont différentes selon le type de générique qu’une entreprise décide de commercialiser (par exemple, pour un injectable, la drogue doit être identique en tout point à l’innovateur dans tous les ingrédients qui la composeront pour pouvoir être au autorisée sur les marchés). Il est donc faux de prétendre que seul l’ingrédient actif est de concentration simailaire. La règle du 80-125% ne s’appliquerait qu’aux médicaments oraux je vous recommande fortement de vérifier au près de Santé-Canada et de la Food and Drug Administration.
    Aussi, j’aimerais souligner le fait que «copier» un médicament demande beaucoup de travail en recherche et développement car la recette elle n’est pas dans la boîte et encore moins sur internet. Certains génériques peuvent prendre plusieurs années avant de voir le jour.
    Je suis tout à fait d’accord avec le développement de nouveaux médicaments de la part des grande pharma mais je crois qu’il faut doser nos propos avant de mettre un démon sur l’industrie pharmaceutique et un ange sur les grande pharma.
    J’ai très hâte de lire votre texte sur les prix des médicaments; et au final, si on demande au gens de poser plus de questions sur les aliments qu’ils consomment et achètent, faites la même choses avec vos médicaments. Moi je ne me gène pas de demander au phamacien si le médicament qu’il me vend c’est un générique, et si oui, qu’elle est la compagnie pour en connaître la provenance.

    Merci pour les BD, elles sont toujours excellentes.

    • Allo Julie,

      Merci beaucoup pour ton commentaire très allumé!

      Mon objectif avec cette BD était de poser les bonnes questions face au débat “original vs générique”. Plutôt que d’utiliser les arguments stériles traditionnels du type “Les génériques sont de moins bonne qualité” ou “Les génériques peuvent causer des problèmes de santé”, j’ai voulu faire ressortir des points rarement discutés, entre autres le problème de la substitution à chaque mois, de même que la perte d’innovation à long-terme. Bref, je me trouve à DÉFENDRE les génériques contre la plupart des accusations qui leur sont faites en général. Tu conviendras que mon point de vue est très balancé dans cette perspective.

      Pour ce qui est de mon commentaire à l’effet que les compagnies génériques comptent avant tout sur les procédures judiciaires afin d’invalider les brevets, souhaites-tu affirmer le contraire? Je veux juste être certain de bien comprendre ton point de vue, car j’invite ouvertement les gens de l’industrie générique à m’affirmer que cet argument est faux. Si c’est le cas, je raviserai ma position avec plaisir. Je ne vois pas cela comme un complot diabolique ou quoi que ce soit; à vrai dire, je ferais la même chose si j’étais à leur place. D’ailleurs, l’industrie générique ne semble pas se cacher de cette réalité. J’ai assisté il y a quelques années à une présentation par le CEO d’une grande entreprise générique et il était fier d’affirmer que leurs avocats faisaient tout en leur pouvoir pour trouver des failles dans les brevets. Encore une fois, je ne vois pas de mal là-dedans; c’est la nature de cette industrie et ça semble un fait avoué.

      Ton point au sujet des autres types de génériques, dont les injectables, est excellent! Sans être un spécialiste dans le domaine, je ne serais pas surpris en effet que les règles de bioéquivalence soient différentes selon la classe de médicament. Par contre, je tiens à te rappeler que j’ai MOI-MÊME complètement invalidé l’argument de la bioéquivalence dans ma BD. Je n’ai jamais douté de la qualité et de la fiabilité des génériques et je n’ai aucun problème à un consommer et/ou à en recommander moi-même.

      Je ne doute aucunement que mettre en marché un produit générique soit un processus long, complexe et fastidieux. En effet, les études de bioéquivalence demeurent de véritables études cliniques, avec toutes les difficultés que cela impose. Cependant, tu admettras que la charge de travail en termes de recherche et développement est considérablement moindre que pour mettre un médicament innovateur sur le marché. On parle ici de recherche, mais je pourrais aussi invoquer l’aspect réglementaire (dont l’obtention d’un avis de conformité) et celui de l’accès au marché, qui représentent d’énormes obstacles à franchir pour un médicament original, mais constituent de simples formalités pour un générique. Encore là, ce n’est pas mon opinion mais bien une réalité connue.

      Enfin, je ne crois pas avoir mis de “démon” sur l’industrie générique. Je n’hésite aucunement à dire que les génériques sont indispensables dans la société et j’encourage les gens à accepter la substitution si le médicament n’est pas couvert par leurs assurances. Il y a une différence entre démoniser l’industrie générique VS questionner son impact sur le monde du médicament au sens large. C’est la mission que je me suis fixée avec cette BD et, à ce jour, je considère avoir fait cela avec honnêteté, transparence et intégrité.

      Ce que je demande aux gens, c’est d’être plus sensibilisés à la réalité des médicament originaux et génériques et de poser des questions aux pharmacien(ne)s. Ce que je demande aux pharmacien(ne)s, c’est de continuer à être très transparents avec les patients à cet égard. J’aimerais beaucoup aussi que le gouvernement assouplisse ses politiques d’accès au marché, mais je peux comprendre que c’est plus facile à dire qu’à faire.

      Merci encore pour ton excellent commentaire et à bientôt!

      Olivier

  23. Merci Oliver de ta réponse;
    Je crois que j’ai été un peu dure; je suis vraiment désolée c’était pas mon intention.
    Pour les avocats, je ne veux pas nommer de compagnie pharmaceutique générique mais je ne connais qu’un seul géant mondial qui est très agressif au niveau des brevets effectivement mais il ne faudrait pas généralisé cette situation aux entre entreprises de plus petite taille qui fonctionnent avec de plus petit effectif financier.
    J’aimerais te lancer une piste de réflexion, peut-être une prochaine BD: Le changement constant de marque de générique dans les pharmacies est la résultante de ?
    1)marché international du générique agressif ?
    2)pénurie d’ingrédient actif?
    3)inspections plus rigoureuse des différentes agences qui entrainent des lettres de défficiences et donc une diminution de la production?
    4)restriction des prix par les différents gouvernement qui force certains joueurs à quitter nos marchés?
    5)entente nationale entre les différentes bannières de pharamacie et des distributeurs ou fabricant pharmaceutique (au lieu du libre choix de chaque succursale)
    6)augmentation de la consommation et une industrie qui peine à suivre le rythme?
    Encore une fois, je suis désolée et j’ai très hâte à la prochaine BD.

    • Tu n’as pas à être désolée, je trouve cette discussion très saine et tes arguments plus qu’excellents!

      C’est une bonne réflexion que tu suggères au niveau de la substitution constante… D’emblée, je dirais que toutes les raisons que tu proposes ci-dessus font partie de la réponse, mais de manière pratico-pratique, je suspecte un impact plus important des # 1 et 5. J’avoue que le # 6 pique ma curiosité… j’aimerais bien en apprendre davantage à ce niveau.

      À vrai dire, l’aspect qui me chicote le plus au niveau de la substitution constante, c’est que personne n’en parle. C’est comme un secret de polichinelle… tous les professionnels de la santé savent que c’est un problème, mais personne n’ose le soulever, par peur d’être point du doigt ou je ne sais quoi d’autre. J’avoue que ça me dérange beaucoup… S’il y a des raisons purement administratives ou logistiques derrière ce problème, cela me rassurerait un peu… mais j’aimerais surtout qu’on en discute plus ouvertement au Québec et au Canada.

      Aussi, je tiens à dire que tu as tout à fait raison pour les entreprises génériques de moindre taille; si j’ai trop généralisé la situation, ce n’était pas intentionnel et je m’en excuse. J’ai connu des gens travaillant pour de petites entreprises génériques qui faisaient des produits moins communs (dont des injectables) et la réalité semblait bien différente en comparaison avec les géants. C’est la même chose pour les entreprises innovatrices de petite ou grande taille à vrai dire.

      Merci BEAUCOUP pour tes commentaires, tu connais visiblement bien les enjeux de l’industrie alors c’est très plaisant d’en discuter avec toi!

      À bientôt!

      Olivier

  24. Dominati Simon

    Ce blog me rappelle l’esprit de la revue “La hulotte” censée faire évoluer celui des enfants vers un esprit scientifique. Porter un autre regard, savoir prendre du recul, jauger avant de juger, douter avant toute prise de décision… L’humour a son rôle à jouer aussi.
    J’aime bien l’esprit de ce blog dommage qu’il n’existe pas une version “Hulotte pharmacienne” pour les enfants. C’est là que tout se joue, ceux qui y viennent à l’âge adulte sont des convaincus ou des gens à l’esprit déjà prêt pour cette prise d’information. Ils y trouvent confirmation de ce qu’ils pensaient déjà avec plus de précisions. Les autres continuent à être roulés dans la farine de leur crédulité…
    Tout en écrivant, je vois la fin du commentaire de Julie et cela confirme ce que je viens de dire : elle en connait un rayon… rien qu’à en lire la fin.
    Evidemment, j’adhère à votre démarche et votre humour… mais faites bouillir l’idée des enfants… peut-être la pharmacie entrera dans les classes, Princeps et Générique pourraient en devenir les personnages familiers. J’en connais un rayon aussi de ce côté-ci.
    Bonne journée et je reviendrai pour m’amuser, pour le reste je suis un convaincu vigilant mais pas forcément triomphant. Simon Dominati

    • Salut Simon!

      Merci pour ton commentaire. Malheureusement, je demeure un idéaliste et je m’entête à croire que les convictions des adultes peuvent être changées… si on s’y prend de la bonne façon. Mon blog est un pas dans cette direction.

      Ceci dit, plusieurs lecteurs/trices m’ont dit lire mes BD avec leurs enfants! Ça m’indique que mon approche “explain to me like I’m 5 years old” peut fonctionner!

      Pour ce qui de créer du matériel spécialement pour les enfants, j’y suis ouvert si l’occasion se présente!

      Merci encore Simon et à bientôt!

      Olivier

  25. Dominati Simon

    Bonjour Olivier, Un idéaliste rationaliste ce n’est pas courant. Moi aussi, j’ai cru pouvoir changer l’état d’esprit des gens, c’est souvent peine perdue si l’on ne prêche des convaincus. Il suffit de regarder certains jeux télévisés comme Monney Drop pour s’en rendre compte : des logiques tordues, en toute innocence, parfois misérables, c’est le lot du tout venant. Ceci dit vous avez raison d’y croire, ça donne la pêche et avec la pêche le jus… Gardez votre enthousiasme. Bonne soirée. Simon Dominati

  26. Bonjour!
    J’ai bien aimé la BD, ainsi que les commentaires!
    Je suis d’accord avec le fait que le recherche doit être absolument priorisée, et que les compagnies innovatrices se font des fois avoir devant les tribunaux lorsque des compagnies génériques veulent invalider le brevet de façon précoce.
    Cependant, le capitalisme est largement basé sur les RÉSULTATS. Si les innovateurs insistent pour se coucher sur leurs lauriers, personne ne se sentira coupable de leur diminution de revenus..
    Que dire de tous ces “me-too drugs” qui apparaissent sur le marché? Avons-nous vraiment besoin de nouveaux bêta-bloqueurs? Ou ces énantiomères actifs (nexium, cipralex, pristiq, dexilant…) qui poussent comme des champignons?
    Ou bien les combinaisons de médicaments dont les brevets achèvent (Caduet, Twynsta, etc)?
    Les compagnies exaggèrent un peu de l’usage du terme “innovateur”…on ne se force plus à trouver des nouveaux TRAITEMENTS car les nouveaux Rx seront assurés de toute façon..
    Et pour ce qui est de la règle des 15 ans, elle fut instaurée pour favoriser les investissements des compagnies au Qc.. Mais celles-ci ne font que plier baggage ou multiplier les coupûres de postes. C’est pour cela que le gouvernement l’a aboli…

    • Salut Tom!

      C’est bien vrai: l’aspect “innovateur” de l’industrie innovatrice est de moins en moins présent. Les me-too, énantiomères (note: Pristiq n’en est pas un) et les combinaisons ont pour objectif principal de récupérer une partie des sommes investies en recherche et développement pour d’autres produits ayant échoué.

      Ceci dit, je ne crois pas que l’industrie innovatrice se “couche sur ses lauriers”. La perte d’innovation est due à de nombreux facteurs, dont l’explosion des coûts en recherche et développement, combinée à un épuisement des cibles thérapeutiques traditionnelles. Ce ne sont malheureusement pas des facteurs contrôlables. Pour ma part, je mettrais mon argent sur les médicaments biologiques dans une perspective future. D’ailleurs, je suis très enthousiaste à l’arrivée des biosimilaires, qui permettront aux entreprises biotechnologiques de lutter à armes plus égales.

      Ton argument à propos du capitalisme est juste et pertinent. Je crois en la libre-concurrence, alors il est entendu que si l’industrie innovatrice est moins performante, elle doit en payer le prix. Ce sont les règles du jeu. Mais ce prix, elle le paie déjà depuis près d’une décennie… et elle se trouve dans l’état le plus critique de son histoire. Les compagnies génériques ne se portent probablement guère mieux à la suite des récents ajustements dans le prix des médicaments. Pour la première fois depuis très longtemps, j’ai l’impression que la lutte se fait sur un terrain relativement égal, ce qui est excellent.

      Merci beaucoup pour ton commentaire! Il est évident que tu mesures bien les enjeux de la question, alors c’est super intéressant d’en débattre.

      À bientôt!

      Olivier

  27. Bonjour Olivier,

    Très intéressant, tout ça. Bon, je n’ai pas lu l’ensemble des commentaires, mais une bonne partie tout de même, alors on l’a peut-être mentionné, mais il me semble que le gouvernement, tous les gouvernements, ont le devoir absolu de financer les efforts de recherche, en pharmacie comme dans les autres domaines de la science. Et la recherche fondamentale aussi, surtout.

    Caroline

    • Allo Caroline,

      Très juste! J’ai d’ailleurs déjà écrit une BD sur le sujet: http://www.lepharmachien.com/recherche/

      Ce qui rend la situation plus complexe dans l’industrie pharmaceutique, c’est que le gouvernement ne finance pas en tant que tel ses activités. Le gouvernement finance la recherche dans le secteur public (incl. la recherche fondamentale) et comme tu dis c’est essentiel. Dans le privé, par contre, il n’y a pas de financement, quoi que le gouvernement offre une “aide” sous d’autres formes, par exemples des déductions d’impôts ou des lois spéciales. L’industrie doit donc se financer d’elle-même, à partir de ses propres profits ou par le biais de collaborations entre entreprises (“joint ventures”). Malheureusement, les coûts de la recherche clinique grimpent de façon astronomique et il devient de plus difficile pour les entreprises de demeurer viables. C’est pour cette raison que plusieurs compagnies pharmaceutiques quittent l’Amérique et l’Europe pour déplacer vers l’Asie, par exemple. C’est fort dommage et pas du tout souhaitable, mais de façon strictement objective on peut comprendre de telles décisions.

      Merci pour ton commentaire et à bientôt!

      Olivier

  28. Sylvie Bourdages

    Je n’ai pas lu tous les commentaires, il y en a beaucoup… Mais suis-je la seule a trouver que les compagnies génériques commencent vraiment à ressembler à une gang de clown? Je trouve irresponsable que l’on aie commercialisé un “générique” de Concerta qui n’a rien à voir avec Concerta. Je trouve épouvantable que 2 fois en quelques mois, des contraceptifs oraux génériques aient été retirés du marché parce que des comprimés placebos supplémentaires se retrouvaient là ou devaient normalement se trouver des comprimés actifs. Le contrôle de la qualité semble leur passer 100 pieds au-dessus de la tête. Avec toutes ces bévues, je les vois de plus en plus comme des compagnies qui ne pensent qu’au profit et feront tout, même mettre sur la marché des produits dangereux quitte à faire souffrir ceux qui les prennent, juste pour faire une piasse de plus. La crédibilité et le professionnalisme de certaines de ces compagnies sont inexistant… Et vous pouvez être certains que quand ma fille aura l’âge de prendre des contraceptifs oraux, ce sera l’original et rien d’autre!!!

    • Allo Sylvie!

      Merci pour ton commentaire!

      J’ignore honnêtement si les problèmes de qualité parmi les génériques sont en augmentation et/ou plus fréquents que chez les médicaments originaux. Selon la loi, les médicaments génériques sont tenus à la même rigueur et aux mêmes exigences de fabrication que pour leur équivalent original.

      Ce que je trouve personnellement dommage, c’est qu’on (incluant les pharmaciens) a tendance à pardonner plus facilement aux génériques les erreurs du genre. On se dit “Bah, c’est normal, c’est un générique et la compagnie fabrique des centaines d’autres produits dans son usine”. Aussi, comme on peut facilement substituer un générique par un autre, cela ne cause pas de perturbations trop importantes dans le laboratoire. Les médicaments originaux n’ont pas ce genre de traitement de faveur.

      Enfin, avez-vous déjà essayé d’appeler une compagnie générique pour avoir réponse à vos questions d’ordre scientifique et/ou rapporter des effets indésirables? Je n’ai qu’une seule chose à dire à cet effet: la grande majorité des gens choisissent plutôt d’appeler le fabricant du produit original pour avoir de l’information, et ce, même s’ils prennent le générique.

      À bientôt!

      Olivier

  29. Bonjour Oliver,

    J’aimerais d’abord vous remercier pour ce site charmant et intelligent. Je vous lis avec bonheur, car je m’amuse follement autant que je m’instruis, ce qui rejoint tout à fait bien ma nature profonde. Vous êtes décidément à la fois intéressant et généreux.

    J’ai deux questions, pour le moment. Pourquoi dites-vous « qu’une fois que le générique est sur le marché, les ventes de l’original tombent à zéro » ? Pourquoi les entreprises pharmaceutiques ne baissent-elles pas leurs prix pour concurrencer les fabricants de médicaments génériques ?

    Sur le plan des affaires, je crois cependant différer de votre point de vue c’est-à-dire de la solution ni plus ni moins proposée pour assurer l’avenir des découvertes moléculaires. Je vous ferai part de mes idées sur le sujet, lorsque j’aurai terminé ma réflexion.

    Je vous remercie d’avance pour les réponses !

    S. Leblanc

    • Allo S.!

      Plusieurs compagnies choisissent de réduire le prix de leur médicament lorsque le brevet vient à expiration. Malheureusement, il n’est pas toujours possible d’égaler le prix du générique, car cela exigerait parfois de vendre à perte. Les frais de fabrication/commercialisation/opération demeurent élevés aussi longtemps qu’un produit existe, qu’un générique existe ou non.

      Mais pour être franc avec toi, le vrai problème n’est pas là. La vérité, c’est que les pharmacies ont un biais favorable pour les médicaments génériques. Ainsi, peu importe le prix, le générique sera toujours favorisé. Les raisons pour cela sont multiples:

      1) Les marges de profit sur les médicaments génériques sont plus élevées;
      2) Les bannières de pharmacie encouragent fortement l’utilisation des génériques, et ce, pour diverses raisons reliées aux affaires;
      3) Dès l’université, les futurs pharmacien(ne)s développent une vision relativement positive des compagnies génériques, mais plutôt neutre ou même négative des compagnies innovatrices.

      Bref, même si une compagnie innovatrice abaisse le prix de son médicament à celui du générique, les pharmacien(ne)s continueront à substituer automatiquement. La diminution des parts de marché sera plus lente, mais la chute est inévitable.

      Un bon exemple est la fameuse “petite pilule bleue”. Lorsqu’elle est devenue générique l’an dernier (ou il y a 2 ans, je ne suis plus certain), la compagnie innovatrice a décidé d’en abaisser le prix à celui du générique. Cela s’est avéré une bonne stratégie pour conserver des ventes. Par contre, de plus en plus de personnes reçoivent désormais le générique, pour les raisons mentionnées plus haut. D’ici peu, je n’ai aucun doute que les ventes du produit original seront pratiquement nulles.

      Voilà ma position! Merci pour cette excellente question et à bientôt!

      Olivier

  30. Bonjour à nouveau Olivier,

    Après lecture des deux présentations suivantes, il me semble que les lignes directrices du « South African Medicine Controls Council » en matière de substitution de médicaments originaux par des génériques devraient être recommandées à tous.

    - http://www.fda.gov/downloads/advisorycommittees/committeesmeetingmaterials/drugs/advisorycommitteeforpharmaceuticalscienceandclinicalpharmacology/ucm209319.pdf

    - http://www.fda.gov/downloads/Drugs/DevelopmentApprovalProcess/HowDrugsareDevelopedandApproved/ApprovalApplications/AbbreviatedNewDrugApplicationANDAGenerics/UCM292676.pdf

    Ces lignes directrices se lisent comme suit (traduites par moi-même):

    “À moins d’un suivi adéquat du patient pendant la période de transition, aucune substitution d’un médicament original par un générique ne doit être prescrite ou effectuée, pour tout médicament :

    - ayant une marge thérapeutique étroite;
    - étant reconnu pour produire des réactions imprévisibles chez le patient ou entre les patients;
    - dont la dose peut causer des problèmes de disponibilité cliniquement significatifs (p. ex. de disponibilité élevée);
    - destiné à un patient gravement malade et/ou à une personne âgée ou un enfant.

    Ainsi, la sécurité du patient serait davantage assurée. Qu’en dites-vous?

    S. Leblanc

    • Sans avoir lu les lignes directrices en question, je te dirais que c’est EXACTEMENT ce que je fais dans ma pratique personnelle. Je ne vois absolument aucun problème à substituer un médicament original pour un générique en tout temps, en autant que:

      a) Le patient est consulté et, après une explications raisonnable, il accepte;
      b) La substitution ne risque pas de perturber les concentrations sanguines du médicament, si ces dernières ont une importance capitale (ex. médicaments pour éclaircir le sang, pour la thyroïde, etc.);
      c) La substitution ne risque pas de perturber l’état du patient, lorsqu’il est question d’un équilibre délicat (ex. épilepsie, santé mentale, etc.);
      d) On ne sait pas pertinemment que le générique est de mauvaise qualité (je ne nommerai pas de noms, mais les professionnels de la santé les connaissent).

      Certain(e)s de mes collègues ne seront pas d’accord avec moi en ce qui concerne les arguments b) et c), sous prétexte que “changer l’original pour un générique à une seule reprise n’aura pas un impact important”. Le problème, c’est que ce n’est jamais “à une seule reprise”. Une fois que le patient commence à recevoir un générique, il aura probablement une marque de générique différente à chaque mois. C’est à prendre en considération pour certains médicaments et/ou certaines personnes plus sensibles.

      Je ne sais pas comment ça se passe en Afrique du Sud, mais ici c’est pas mal le “free for all” avec les génériques! J’espère vraiment qu’un regroupement local de professionnels finira par prendre clairement position sur le sujet et nous donner des directives qui ont de l’allure.

      Merci encore et A+!

      Olivier

  31. Bonsoir Olivier,

    Merci pour tes réponses précieuses et pour ta diligence. C’est grandement apprécié, car elles me servent à mieux comprendre la situation et à décider ce qui serait préférable pour moi, si le cas se présente que j’ai besoin d’un médicament, sans oublier mes proches qui sont grandement dans le besoin d’information objective à cet égard.

    Pour éviter de prendre différentes marques de médicaments génériques au cours d’un traitement, comme à chaque mois, à cause d’une rupture de stock ou de non disponibilité, ou encore pour toute autre raison fournie par le pharmacien, serait-ce une bonne idée de demander au médecin de prescrire un générique particulier sur l’ordonnance qu’il remet, tel que proposé par le Docteur Philippe Vella de l’Agence nationale de sécurité du médicament en France 1, si le médecin ne veut pas prescrire un médicament d’origine, peu importe la raison? Et bien qu’il soit préférable d’acheter nos médicaments à la même pharmacie, rien n’empêche de vérifier ailleurs pour savoir si le médicament en question est disponible et l’acheter, car de toute façon personne n’est obligé de prendre un médicament choisi par un pharmacien. N’est-ce pas ? Au fait, puisque les prix des médicaments génériques peuvent aussi varier beaucoup d’une pharmacie à l’autre, l’écart de prix pouvant même aller du simple au double selon Protégez-Vous 2, et que les pharmaciens propriétaires font effectivement une plus grande marge de profit sur les médicaments génériques comparativement aux médicaments d’origine, n’est-ce pas d’autres raisons de plus pour magasiner nos médicaments?

    Merci encore!

    Suzanne

    Références :
    1 http://www.notretemps.com/sante/allergies-intolerances-faut-il-changer-de-traitements,i29392
    2 http://www.protegez-vous.ca/sante-et-alimentation/prix-des-medicaments.html

    • Allo Suzanne,

      C’est rare que je reçois des commentaire qui s’appuient sur des références!

      Ton idée est bonne et plusieurs médecins y ont déjà pensé. Malheureusement, cela ne fonctionne pas. En effet, lorsque des médicaments originaux et génériques sont déclarés “bioéquivalents” par Santé Canada, le pharmacien devient 100% libre de donner le générique de son choix et/ou celui qui est disponible sur place. D’ailleurs, plusieurs bannières privilégient une marque de générique en particulier. Je pense entre autres à une bannière en particulier qui a acheté sa propre compagnie de génériques.

      Certains clients “exigent” d’avoir toujours le même générique (ex. “Je veux toujours recevoir le APO, je ne veux rien savoir du RATIO”). Les pharmacies font alors leur possible pour toujours donner le même produit, mais c’est loin d’une garantie. Si le générique en question n’est pas en stock, un autre produt sera servi et le client ne sera pas nécessairement avisé. La plupart des génériques sont difficiles à différencier visuellement.

      Je ne suis pas contre l’idée de “magasiner ses médicaments”, mais je crois qu’il est plus intelligent de “magasiner sa pharmacie”. En effet, je juge qu’avoir accès à du personnel qui nous inspire confiance et qui offre du service exceptionnel est infiniment plus important que de sauver quelques dollars à chaque mois. Du moins, c’est mon opinion.

      A+!

      Olivier

  32. Bonjour Olivier,

    Eh oui… encore moi. Je dois dire que ce sujet m’intéresse grandement. Au fait, plus je m’informe, plus je m’interroge…

    Tu as écrit que « Les médicaments génériques sont de même qualité que les originaux. De plus, changer un médicament original pour un générique n’aura généralement pas d’impact majeur sur son effet. » ET, EN RÉFÉRANT À LA BIOÉQUIVALENCE, QUE « Je ne vois pas cette marge d’erreur potentielle comme un problème en tant que tel. »

    Cependant, le Docteur Guy Vigneau, médecin au Mesnil-en-Thelle, a dit ceci au sujet de la bioéquivalence des médicaments génériques : « Vouloir faire croire qu’un générique qui peut contenir jusqu’à 20% de principe actif en moins a la même efficacité que le produit d’origine, c’est comme vouloir faire croire qu’en utilisant un carburant à 80% d’indice d’octane votre moteur aura les mêmes performances qu’un indice 95. »

    J’aimerais avoir ton opinion sur ce qu’en pense ce médecin, car je ne sais plus quoi en penser.

    Merci !

    Suzanne 

    Référence :
    http://www.adpm-mutuelle.com/siteadpm/index.php?option=com_content&view=article&id=259:les-generiques-font-polemique&catid=39:rubrique-presse

    • Je suis bien d’accord, mais les chances qu’un générique contienne 20% moins/plus de principe actif sont faibles, pour ne pas dire inexistantes. Cette notion est plutôt mal comprise, même chez les professionnels de la santé. J’ai expliqué plus haut la logique derrière les calculs (chercher “AUC” sur cette page”). C’est difficile à comprendre, mais en gros cela veut dire que les variations attendues sont beaucoup plus faibles que 20%.

      Bref, je suis d’accord avec la citation, mais une variation aussi grande n’est pas la norme.

      Encore une fois, je ne souhaite pas défendre les génériques, mais je juge que le combat se livre malheureusement sur les mauvais arguments. Critiquer les génériques sur la base de leur qualité et/ou de leur teneur en principe actif, c’est faire fausse route à mon avis. Les vrais problèmes, à mon humble avis, sont ceux que j’ai illustrés à la fin de cette BD.

      Pour faire le lien avec ton commentaire: supposons un instant que les génériques d’un médicament spécifique varient tous de 5% en termes de quantité de principe actif, soit 5% plus ou 5% moins concentrés. Substituer un médicament par un générique à une seule occasion n’aura pas ou peu d’impact, puisqu’une variation de 5% n’est pas très importante. Par contre, puisqu’on change de générique à tous les moins, on obtient quelque chose du genre: +5, -5, 0, 0, +5, +5, -5, +5, 0, -5 (…). Si on met ça sur un graphique, ça a l’air d’une vraie montagne russe! Là, ça devient problématique.

  33. Gros gros merci Olivier, pour toutes tes réponses! Puisque je comprends maintenant mieux la situation avec les génériques, je serai mieux en mesure de prendre une décision vraiment éclairée, s’il y a lieu. Je n’ai plus de question ni de commentaire, du moins pour l’instant :-) Suzanne

  34. Bonjour et merci de vos chroniques passionnantes. Il me semble que vous oubliez un facteur très important dans cette comparaison entre médicaments originaux et génériques: c’est que la marge bénéficiaire du pharmacien est énormément accrue dans le cas des génériques, même s’ils sont moins chers à l’achat. Le commerçant-pharmacien a donc tout intérêt à nous convaincre de prendre ceux-là, non?

    • Salut Robert!

      Très juste! Je n’ai pas oublié de le mentionner; d’ailleurs je crois l’avoir mentionné à quelques reprises dans mes réponses aux commentaires ci-dessus. De mon point de vue, cela fait partie de mon argument comme quoi les pharmacien(ne)s doivent discuter plus ouvertement de la substitution générique avec les clients. Ces derniers ne devraient pas avoir peur de dire:

      “OUI les génériques coûtent moins cher et OUI la pharmacie fais plus de profits dessus, mais ce qui m’importe le plus est l’effet clinique. Voyons maintenant quels en sont les avantages et les inconvénients”.

      Merci pour ton commentaire!

      Olivier

  35. Le fait que les agent d’enrobages et autres produits inactifs diffèrent modifient (ou peuvent) modifier l’attrait du médicament et donc sa prise.
    Un cas simple que je connais bien : le paracétamol en cachet effervescent “de marque” en France ont un gout d’orange/citron, alors que les génériques ont un gout amer. Pour combler, je les dissous avec un verre d’eau avec un peu de sirop. Mais, le sucre (je suppose) rend la dissolution moins facile… Idem dans le jus de fruits

    En tout cas, en France on nous demande rarement notre avis, et c’est bien dommage. D’ailleurs, si on demande le non générique, le pharmacien nous fait la tête, voir nous le refuse. Ce qui n’est pas normal.

  36. Bonsoir,

    Merci pour cette BD très pédagogique et claire. Toutefois, je souhaiterais souligner que, contrairement à ce qui est indiqué, la différence d’additifs non-médicamenteux n’est pas sans conséquences. Par exemple pour un médicament genre Solupred, le générique contient de l’aspartame ainsi que du E220 qui ont tous deux des effets secondaires, graves et immédiats pour ce qui concerne l’aspartame, c’est maintenant reconnu. Alors que le médicament original n’en contient pas. Je m’interroge beaucoup sur cette pratique qui consiste à rajouter des saletés dans les médicaments sensés nous soigner, au nom d’économies…
    Merci

  37. Bonjour,
    J’ai une petite question pour vous concernant les médicaments génériques…Mon père a eu une greffe de reins il y a plusieurs années et son médecin refuse qu’ils prennent des médicaments génériques. D’après vous, pourquoi lui interdire?
    Merci!

    • Allo Claudie!

      Dans les cas de greffe, les médecins ne veulent pas de chances, vu que les conséquences d’un manque d’efficacité seraient désastreuses. Même de petites variations dans les concentrations sanguines pourraient avoir des effets significatifs. Il est donc assez fréquent que les médecins inscrivent “Ne pas substituer” pour les médicaments anti-rejet. C’est un choix professionnel du médecin mais pas une obligation ou une nécessité.

      Merci pour l’excellente question!

      Olivier

  38. Salut, encore moi ;)
    Bon sujet, ca m’interessait vraiment de savoir, mais, pour le coup, je trouve la BD pas très claire…. j’ai seulement compris la vraie différence en lisant les commentaires; ai-je bien compris?
    Acheter le médicament original revient à soutenir la recherche; si tout le monde choisi un générique, effectivement, les medicaments déjà existants ne coutent pas chers, mais il n’y a plus d’argent pour financer les recherches pour les médicaments qui n’ont pas encore été inventés.
    C’Est un peu comme acheter bio quoi; paye plus cher pour protéger la planète, en pensant à l’avenir (et avale eventuellement un peu moins de poison); acheter pas cher c’est possible, mais c’est une question d’éthique, de moyens financiers persos et de ce qu’on décide d’en faire.
    C’est ca?
    Celine

  39. Personnellement, je demande toujours les originaux, il est déjà arrivé que le pharmacien devait les commander pour moi car il tenait seulement les génériques. Je paye la compagnie qui a travaillé fort pour découvrir le produit et non celle qui a profité de la recette et la distribuer à tous! Je suis infirmière et j’adooore vos publications.

  40. Est ce qu on peut demander d avoir absolument le médicament original au lieu de la copie générique? Faut il qu il soit écrit sur l ordonnace médicale?

    • Bien sûr, c’est au patient de choisir s’il veut payer pour le générique ou l’original et il n’est pas nécessaire que ce soit inscrit sur l’ordonnance. Par contre, lorsqu’il est explicitement indiqué “NE PAS SUBSTITUER” de la part du prescripteur, l’on ne devrait pas alors vous changer pour le générique (même si c’est le patient qui le demande).

    • Allo! Le client peut demander de lui-même d’avoir le médicament original, en autant qu’il soit disponible, mais il devra alors payer la différence de prix avec le générique.
      Si le médecin en fait la demande par écrit sur l’ordonnance, la différence de prix sera couverte (la plupart du temps).
      Merci pour ta question!
      Olivier

  41. Marie-Pierre Brassard


    Voici un vidéo d’Infoman et d’Amir Khadir qui propose de produire nos propres médicaments génériques plutôt que de les acheter de l’Ontario…. est-ce vraiment un solution possible…?

    • Allo Marie-Pierre!

      Je ne suis pas contre l’idée en théorie, mais je ne crois pas que ce soit un projet réalisable, pour une multitude de raisons.

      Aussi, on oublie souvent de mentionner que l’industrie du médicament génériques est extrêmement compétitive et ne voit probablement pas d’un très bon oeil l’idée de Pharma-Québec. Bref, je doute que les fabricants embarqueraient dans un tel projet.

      Enfin, ce projet fait paraître l’industrie pharmaceutique comme des “faiseux” de pilules, passant complètement sous silence la recherche et la surveillance qui doit être faite afin d’avoir des médicaments efficaces et sécuritaires. Fabriquer des comprimés, c’est la partie facile… mais c’est une infime portion de tout ce que fait l’industrie.

      A+!

      Olivier

  42. Je suis comme pas mal de personne dans le flou ,j ‘écoute des médecins parler du générique et ils sont quelques un à ne pas être convaincus de l ‘effet attendu ,j ‘ai écouté un grand professeur dire le générique c ‘est une vaste fumisterie ,les pharmacie refuse la délivrance de la pilule “”non “” remboursé au profil du générique ,mon médecin totalement contre vient de m ‘apprendre qu’il ne pourrait plus me marquer ce médicament qui me convient depuis des années au profil et encore du générique ,alors n ‘ayant plus le choix je me sens dans un état de dictature médicamenteuse , et la recherche dans tout ça ! comment va t ‘elle évolué ,mes propos sont d ‘une simplicité …..mais ce sont des propos de petite gens comme moi et qui se perdent dans un système ou la santé perd de son efficacité pour le lobby de l ‘argent .

  43. Annie Leclerc-S.

    Bonjour,

    Je suis md de famille et suis moi aussi confrontée à cette problématique…

    Face aux coupures constantes dans toutes les sphères des services publics de la santé, je n’arrive pas à adhérer à l’idée de continuer de prescrire des médicaments originaux afin de financer l’industrie pharmaceutique, que ce soit pour les patients couverts par la RAMQ ou par des assurances privées. Le coût des primes d’assurances médicament des assurances privées dépendant aussi du montant global utilisé par ses bénéficiaires.

    Quant à l’impact clinique de la variabilité des génériques servis, j’ai pensé qu’il serait avantageux, dans certaines situations cliniques, de prescrire un médicament générique avec la mention «non-substituer» afin que la dose de médicament absorbée demeure toujours la même pour une même dose prescrite. Je ciblerais évidemment le générique le moins cher selon la Liste de médicaments de la RAMQ.
    Puisqu’une pharmacienne d’officine m’a déjà répondu que cette règle de non-substitution ne s’applique qu’aux médicaments originaux, j’ai posé cette question à la RAMQ et à l’Ordre des pharmaciens du Québec: «Est-ce que les pharmaciens ont l’obligation de respecter ma prescription si je prescris un médicament générique avec la mention non-substituable?». Je suis dans l’attente de leur réponse.

    Cette solution ne pallierait pas au fait que les génériques puissent tomber en rupture de stock. Dans cette éventualité, le pharmacien pourrait se baser sur les études de bioéquivalences afin de substituer le générique par un autre ayant un bioéquivalence semblable, tout en avisant le patient et le médecin de la situation, surtout si la dose bioéquivalente n’est pas disponible.

    Je dois par ailleurs ajouter que cette dernière démarche est facile à écrire, mais très fastidieuse à réaliser dans l’optique où elle requiert que le professionnel ouvre chacune des monographies afin de comparer les biodisponibilités de chaque molécule… Car à ce que je sache il n’existe pas de banque de donnée de médicaments qui rend cette information facilement accessible, sur un tableau comparatif par exemple.

    La Liste de médicaments de la RAMQ serait l’endroit idéal où l’on devrait retrouver cette information afin de faciliter les démarches pour les professionnels.
    L’information devrait non-seulement y figurer, mais elle devrait aussi être transférable afin que les différents logiciels «aviseurs thérapeutiques» puissent la saisir et l’inclure dans leurs bases de données.

    Tant qu’à y être, je me laisse aller… La RAMQ, puisqu’elle vise la réalisation de ses mandats à un moindre coût, devrait fournir un outil plus performant de sélecteur de molécules aux cliniciens… Du genre qui inclurait les tables de comparaison de médicaments de RX Vigilance avec des colonnes supplémentaires – des colonnes pour: les prix, la couverture de la RAMQ (ou non), les codes de médicaments d’exception, la prise à jeun ou non, et enfin une autre pour la biodisponibilité des génériques…

    On a beau rêver… Dans l’attente, pas étonnant qu’autant de médecins prescrivent des médicaments originaux malgré la disponibilité des génériques avec l’augmentation des coûts qui en découle ou encore qu’ils prescrivent des génériques sans égard au fait que leur concentration puisse varier de 55% lors du passage (sous silence) d’un générique à l’autre.

    Mettons tout de même les choses en perspective… Après avoir fait l’exercice de comparer la biodisponibilité pour la venlafaxine et la paroxétine, j’ai pu constater que la variabilité maximale entre deux génériques est de 22% pour la première molécule de 10% pour la seconde. Le fait de prendre la venlafaxine à jeun ou non augmentait l’écart à 36% pour l’un des génériques.
    Par ailleurs, il me manquait les données pour 3 des 12 génériques de la Liste des médicaments pour la venlafaxine et de 8 des 15 génériques de la paroxétine, faute de l’absence de leur monographie sur le site de Santé Canada.

    Oui, le passage d’un générique à l’autre peut avoir un impact significatif sur la biodisponibilité du médicament, mais le fait de respecter ou non l’état de jeûne peut en avoir un encore plus grand…

    Au plaisir!

Fais tes commentaires ici! (ils n'apparaîtront pas immédiatement car je dois les approuver d'abord)